Adoptée le 14 juillet 2026, la dérogation de la Commission européenne prévoit une entrée en vigueur 20 jours après sa publication au Journal officiel, si aucune objection n’est formulée : l’Apple Watch, comme d’autres wearables, échappe ainsi à l’obligation de batterie remplaçable par l’utilisateur.
Apple Watch échappe aux batteries remplaçables par l’utilisateur dans l’UE
La Commission européenne a adopté une exemption qui change la donne pour une partie des objets connectés portés sur soi. En clair, les montres connectées, lunettes connectées, bracelets de suivi et autres wearables compacts n’auraient plus à intégrer une batterie amovible et remplaçable directement par l’utilisateur, contrairement à l’esprit initial du règlement européen sur les batteries.
Le point clé est simple. Le règlement UE 2023/1542 pose comme principe que les batteries portables intégrées dans un produit doivent pouvoir être retirées et remplacées par l’utilisateur pendant la durée de vie de l’appareil. Mais ce même texte autorise aussi la Commission à ajouter des exemptions si des contraintes techniques, de sécurité ou de conformité produit le justifient, selon EUR-Lex.
La nouvelle exemption vise précisément les appareils dont l’ouverture par le grand public pourrait dégrader la sécurité, la robustesse ou l’étanchéité. Cela concerne directement l’Apple Watch, mais aussi des catégories comme les smart glasses et les fitness trackers, selon la Commission européenne.
Ce que dit exactement le cadre européen
Le sujet ne tombe pas de nulle part. Le règlement sur les batteries, publié en 2023, prévoyait déjà un cadre plus strict pour la réparabilité et le remplacement des batteries intégrées. D’après EUR-Lex, la Commission peut toutefois adopter des actes délégués pour ajouter des produits exemptés lorsque le retrait de la batterie par l’utilisateur final soulève des risques scientifiquement fondés, ou lorsqu’il pourrait entrer en conflit avec des exigences de sécurité applicables.
Autrement dit, l’UE n’abandonne pas le principe de réparabilité. Elle l’aménage pour des appareils très compacts, souvent fermés, collés, étanches et bourrés de capteurs. C’est une position plus pragmatique que le résumé initial du débat. Et c’est là que l’Apple Watch gagne du terrain.
La consultation publique lancée le 28 avril 2026 mentionnait déjà les wearables parmi les produits candidats à une dérogation, aux côtés de certains jouets électriques et d’équipements relevant de la directive ATEX, selon la Direction générale de l’environnement de la Commission européenne.
Pourquoi l’Apple Watch était une candidate évidente à l’exemption
L’argument technique tient. Une montre connectée n’est pas un smartphone classique. Son châssis est plus petit, son architecture interne est plus dense, et la batterie partage l’espace avec des capteurs santé, des antennes, un moteur haptique, un écran très compact et des systèmes d’étanchéité. Forcer un accès simple à la batterie aurait eu un coût réel sur le design produit.
Chez Apple, ce choix d’intégration se voit dans les caractéristiques officielles. L’Apple Watch Ultra 2 annonce jusqu’à 36 heures d’autonomie en usage standard et jusqu’à 72 heures en mode économie d’énergie, selon Apple. La montre est aussi adaptée à la plongée loisir jusqu’à 40 mètres, toujours selon Apple. Ce point compte : sur un produit pensé pour l’eau, les sports outdoor et la résistance, rendre la batterie accessible au grand public complique immédiatement l’étanchéité.
La logique est la même sur des modèles plus fins. L’Apple Watch Series 10 affiche 18 heures d’autonomie en usage standard et jusqu’à 36 heures en mode économie d’énergie, avec une résistance à l’eau jusqu’à 50 mètres et un indice IP6X contre la poussière, selon Apple. Là encore, l’intégration serrée prime sur l’ouverture facile.
Une décision qui dépasse Apple
Réduire ce dossier à l’Apple Watch serait une erreur. La mesure profite à l’ensemble du segment wearable. Les lunettes connectées étaient au centre des critiques récentes, car l’UE était accusée de freiner leur diffusion avec des exigences peu adaptées à ce format.
Le cas des lunettes de Meta éclaire bien le problème. Les Ray-Ban Meta de première génération annoncées par Meta promettaient jusqu’à 36 heures d’usage au total avec l’étui, qui fournissait jusqu’à huit recharges supplémentaires. Les modèles de deuxième génération, selon Meta et Ray-Ban, montent jusqu’à plus de 8 heures sur une charge et jusqu’à 48 heures supplémentaires via l’étui. Sur ce type de produit, exiger une batterie directement remplaçable par l’utilisateur aurait presque forcé une refonte complète de la monture, de la charnière ou du système de charge.
Mon avis est net : l’UE corrige ici une règle trop générale avec une exception ciblée. C’est plus crédible que d’imposer la même contrainte à un smartphone, une tablette et une paire de lunettes intelligentes.
Les chiffres qui montrent l’écart entre catégories
La source d’origine restait très brève sur les produits concernés. Les données techniques officielles permettent pourtant d’ajouter du concret.
Autonomie : les wearables ne jouent pas tous dans la même cour
L’Apple Watch Ultra 2 annonce jusqu’à 36 heures d’autonomie standard, selon Apple. L’Apple Watch Series 10 reste à 18 heures, selon la même source. Cela donne une première métrique dérivée absente de la source initiale : l’Apple Watch Ultra 2 offre une autonomie standard 100 % supérieure à celle de l’Apple Watch Series 10 sur la base des chiffres officiels d’Apple.
Autre calcul utile : en mode économie d’énergie, l’Apple Watch Ultra 2 grimpe à 72 heures contre 36 heures pour la Series 10. Là encore, l’écart est de 100 %. Cela montre pourquoi les fabricants défendent des boîtiers scellés : plus l’autonomie et les usages sport avancés montent, plus l’optimisation interne devient serrée.
Capacité batterie et endurance : la concurrence suit une autre logique
Chez Samsung, la Galaxy Watch Ultra (2025) affiche une batterie de 590 mAh, selon la fiche officielle française de la marque. La même page mentionne une résistance à l’eau 10 ATM, un indice IP68 et une conformité MIL-STD 810H. La montre vise donc, elle aussi, un compromis entre robustesse et intégration.
Chez Garmin, la fēnix 8 AMOLED 47 mm monte jusqu’à 16 jours en mode smartwatch et jusqu’à 47 heures en mode GPS seul, selon la documentation officielle du constructeur. Le positionnement est différent : boîtier plus massif, autonomie bien plus longue, usages sport plus extrêmes. Mais la logique industrielle reste la même. Quand un wearable est compact, étanche et durci, rendre la batterie facilement accessible n’est jamais neutre.
Deuxième métrique dérivée : si l’on convertit les 16 jours de la Garmin fēnix 8 en heures, on obtient 384 heures. Face aux 36 heures de l’Apple Watch Ultra 2, la montre de Garmin revendique une autonomie smartwatch théorique 10,7 fois plus élevée. Ce calcul ne dit pas qu’un produit est meilleur qu’un autre. Il montre surtout que le mot “wearable” recouvre des objets très différents, ce qui rend une règle uniforme peu pertinente.
Le marché donne du poids à cette exemption
Le calendrier choisi n’est pas anodin. Selon IDC, les expéditions mondiales d’appareils wearables ont progressé de 9,1 % en 2025 pour atteindre 611,5 millions d’unités. IDC ajoute que les nouvelles catégories, dont les smart glasses sans affichage, soutiennent la croissance de long terme.
Ce chiffre apporte un élément que la source d’origine ne donnait pas : l’exemption ne concerne pas une niche marginale. Elle touche un marché massif, en croissance, avec des formats très variés. Réguler un tel ensemble avec une seule exigence mécanique aurait créé plus de frictions que de bénéfices immédiats.
Autre point inédit : IDC indique que Huawei a expédié 25,5 millions de smartwatches en 2025, en hausse de 21,7 % sur un an. Cela rappelle que la décision européenne ne concerne pas seulement Apple ou Meta, mais l’ensemble des fabricants mondiaux présents sur le segment.
Ce que cette exemption change concrètement pour les utilisateurs
Pour l’utilisateur final, le changement est moins visible qu’il n’y paraît. Une batterie non remplaçable par l’utilisateur ne veut pas dire batterie impossible à remplacer. Cela veut dire que le produit n’a pas à être conçu pour un remplacement direct par le grand public, sans dégradation de l’appareil.
Dans la pratique, cela préserve trois usages concrets :
1. L’étanchéité sur les montres sport
Une montre comme l’Apple Watch Ultra 2, pensée pour la plongée loisir jusqu’à 40 mètres selon Apple, perdrait une partie de sa cohérence si son boîtier devait s’ouvrir facilement à la maison. Même raisonnement pour la Galaxy Watch Ultra, certifiée 10 ATM et IP68 selon Samsung.
2. La miniaturisation sur les lunettes connectées
Sur des lunettes comme les Ray-Ban Meta, chaque millimètre de branche compte. L’espace doit accueillir batterie, caméra, haut-parleurs, microphones, puce et connectique. Exiger une batterie accessible à l’utilisateur final aurait probablement augmenté l’épaisseur, le poids ou la fragilité du produit, selon une lecture logique des contraintes matérielles décrites par les fabricants.
3. La solidité sur les montres outdoor
Les montres multisports haut de gamme doivent survivre à la nage, aux chocs, à la transpiration, au froid et à la poussière. Plus le produit est durci, moins la modularité simple va de soi. Mon avis est clair : sur un wearable d’aventure, l’étanchéité et la tenue mécanique passent avant le fantasme d’une trappe batterie universelle.
Une exemption adoptée, mais pas encore totalement verrouillée
Il faut rester précis sur le calendrier. La Commission européenne a adopté l’exemption, mais l’acte délégué doit encore être transmis au Parlement européen et au Conseil de l’UE pour examen. Selon la Commission, le texte entrera en vigueur 20 jours après sa publication au Journal officiel de l’Union européenne si le Parlement ou le Conseil ne s’y opposent pas.
Ce détail compte. Au 14 juillet 2026, on parle donc d’une exemption adoptée par la Commission, pas encore d’un cadre définitivement entré en vigueur. La nuance juridique est essentielle.
Prix, concurrence et lecture économique
Le sujet réglementaire a aussi une dimension commerciale. En France, l’Apple Watch Ultra 3 est affichée à partir de 800 € sur la boutique officielle d’Apple. La source fournie par le brief cite l’Apple Watch de manière générique, mais la logique produit reste la même : éviter un redesign spécifique pour l’Europe protège les coûts industriels, les délais de mise sur le marché et la cohérence de gamme.
Pour le change, le taux de référence récent publié par la BCE est de 1 € = 1,1435 $ au 9 juillet 2026, soit environ 1 $ = 0,87 €. Exemple de conversion avec ce taux : 100 $ valent environ 87 € (taux BCE : 1 € = 1,1435 $). Ce repère sert surtout à lire les annonces tarifaires internationales sur les wearables et smart glasses, souvent communiquées d’abord en dollars.
Ce que l’article d’origine ne disait pas
Le papier de départ allait à l’essentiel. Il manquait pourtant plusieurs éléments utiles :
Premièrement, le texte européen prévoyait déjà la possibilité d’exemptions via actes délégués, selon EUR-Lex. Ce n’est donc pas un virage improvisé.
Deuxièmement, la consultation publique avait commencé dès le 28 avril 2026, selon la Commission européenne. Le processus n’est pas tombé du ciel.
Troisièmement, les contraintes produit sont faciles à documenter avec des specs officielles : 40 m de plongée loisir pour l’Apple Watch Ultra 2, 50 m de résistance à l’eau et IP6X pour la Series 10, 10 ATM/IP68 pour la Galaxy Watch Ultra, jusqu’à 16 jours d’autonomie pour la Garmin fēnix 8, plus de 8 heures d’autonomie sur une charge pour certaines lunettes Ray-Ban Meta.
Quatrièmement, le marché pèse lourd, avec 611,5 millions de wearables expédiés dans le monde en 2025 selon IDC. On ne parle pas d’une catégorie secondaire.
Cinquièmement, les écarts d’autonomie entre produits sont énormes. Entre 18 heures, 36 heures, 16 jours ou 48 heures additionnelles via un étui, la diversité des formats justifie une approche réglementaire plus fine.
Le lien qui fait autorité
Pour consulter la base réglementaire la plus utile sur ce dossier, le texte de référence reste celui d’EUR-Lex : https://eur-lex.europa.eu/eli/reg/2023/1542/oj/
Mon avis :
Bonne nouvelle pour l’Apple Watch : l’exemption adoptée par la Commission européenne préserve un design scellé cohérent avec l’étanchéité et la compacité des wearables. Limite réelle : l’utilisateur perd en réparabilité directe, car le remplacement de batterie reste de fait réservé à des intervenants qualifiés, sous réserve du contrôle final du Parlement et du Conseil.





