Dans le cadre du programme Artemis de NASA, le rôle du Lunar Gateway suscite des interrogations. Ce projet de station orbitale lunaire est essentiel pour soutenir l’exploration à long terme. Cependant, une analyse de sa nécessité pourrait révéler une approche alternative axée sur des missions directement depuis la surface lunaire.
Le Programme Artemis : Une Exploration Lunaires sans Gateway
Alors que le programme Artemis de la NASA avance, des interrogations surgissent occasionnellement concernant le rôle de la Lunar Gateway, la station prévue en orbite lunaire destinée à soutenir l’exploration à long terme. Bien que cette structure fasse partie de l’architecture publique de la NASA, il est également pertinent d’examiner à quoi pourrait ressembler Artemis si cet élément était retardé, réduit ou finalement non réalisé.
La Structure du Programme Artemis
Au cœur d’Artemis se trouve la volonté de rétablir l’accès humain à la Lune et d’y établir une présence durable. La Gateway a été conçue comme un moyen d’atteindre cet objectif, se positionnant dans une orbite halo près-rectiligne pour accueillir des opérations de docking, de logistique et de transfert d’équipage. Cela découle du fait que le vaisseau Orion ne peut pas entrer dans une orbite basse autour de la Lune tout en ayant suffisamment de carburant pour retourner sur Terre.
Les Missions Lunaires sans Gateway
Cependant, la Gateway n’a jamais été le seul mécanisme capable de permettre des missions de surface lunaire. De nombreuses capacités nécessaires pour une exploration soutenue – telles que le transport, l’hébergement, l’énergie, la mobilité et la logistique sur la surface – sont déjà en train d’être développées indépendamment d’un poste orbital permanent. En fait, le premier atterrissage d’équipage de l’Artemis – Artemis 3 – tel que prévu actuellement, ne nécessite pas de Gateway et s’amarrera plutôt directement à un atterrisseur lunaire attendant dans une orbite autour de la Lune.
Dans un scénario sans Gateway, les futures missions Artemis dépendraient davantage d’une architecture simplifiée reliant la Terre à la Lune. Les équipages lanceraient de la Terre à bord d’Orion, entreraient dans une orbite lunaire elliptique et se transféreraient directement au véhicule d’atterrissage. Ce vaisseau dédié transportera les astronautes vers la surface, soutiendra les opérations de surface, puis les ramènera à Orion en orbite lunaire pour le voyage de retour. Cette approche réduit la complexité architecturale tout en préservant les objectifs de la mission.
La Rôle des Atterrisseurs Lunaires
La viabilité de ce modèle centré sur la surface dépend beaucoup de la décision de la NASA de s’appuyer sur des atterrisseurs lunaires développés commercialement dans le cadre du programme Human Landing System. SpaceX développe actuellement le Starship HLS sous contrat avec la NASA pour soutenir le premier atterrissage d’équipage Artemis. Ce véhicule est conçu non seulement pour transporter des astronautes vers et depuis la surface, mais aussi pour livrer de grandes quantités de cargaison nécessaires à l’infrastructure de surface.
En parallèle, Blue Origin développe son atterrisseur Blue Moon Mark 2 en tant que second fournisseur HLS, destiné à soutenir des missions Artemis ultérieures et à offrir de la redondance. La NASA a structuré le programme HLS pour inclure plusieurs fournisseurs commerciaux au fil du temps, réduisant ainsi la dépendance à l’égard d’un seul véhicule et augmentant la flexibilité à long terme.
L’Infrastructure de Surface
L’infrastructure de surface est un domaine où Artemis pourrait devenir plus durable au fil du temps. La NASA et ses partenaires étudient des concepts d’habitation sur la surface lunaire depuis des années, indépendamment de la Gateway. Le module d’habitation multi-usage le plus avancé en développement par Thales Alenia Space via l’Agence spatiale italienne est conçu pour fournir un espace de vie et de travail pressurisé pour des équipes séjournant sur la Lune pendant plusieurs semaines.
La NASA avance également le concept d’une Habitable Mobility Platform, essentiellement un rover pressurisé qui permettrait aux équipes de vivre et de travailler tout en parcourant de longues distances éloignées d’une base fixe, dans le cadre du concept Artemis Base Camp.
De plus, des concepts d’habitats gonflables et modulaires sont explorés à travers les études NextSTEP de la NASA et des efforts internationaux et commerciaux, incluant le travail d’entreprises telles que Spartan Space, pour informer les conceptions futures plutôt que de servir de matériel de vol à court terme.
Mobilité sur la Lune
Dans ce modèle centré sur la surface, les atterrisseurs de cargaison livreraient des habitats et une infrastructure avant l’arrivée des équipages. Les astronautes vivraient et travailleraient à l’intérieur de structures de surface conçues pour cet effet, tandis que les atterrisseurs fonctionnaient principalement comme moyens de transport. Une telle approche pourrait permettre à Artemis de progresser vers des opérations lunaires durables même si la Gateway était retardée, réduite ou non réalisée.
La mobilité sur la surface lunaire est un autre domaine déjà en développement. La NASA n’a pas encore sélectionné un véhicule de rover unique pour les missions Artemis. Au lieu de cela, elle a attribué des contrats de services pour le Lunar Terrain Vehicle à trois entreprises : Intuitive Machines, Lunar Outpost, et Venturi Astrolab. Ces équipes s’affrontent pour faire progresser leurs conceptions, avec une décision de la NASA attendue plus tard sur les rovers qui voleront finalement. Ces contrats actifs visent à soutenir la mobilité des équipages non pressurisés sur les futurs sites d’atterrissage lunaires.
Intuitive Machines apporte de l’expérience en livraison lunaire directe et opérations de surface grâce à ses missions IM-1 et IM-2. Lunar Outpost met l’accent sur la modularité et l’autonomie, permettant à la fois une utilisation par des équipages et des robots. Le concept de rover FLEX de Venturi Astrolab se concentre sur la mobilité et la logistique, soutenant des opérations de plus longue durée. Ensemble, ces efforts suggèrent un avenir dans lequel la mobilité sur la surface est considérée comme une partie intégrante des opérations lunaires plutôt qu’une simple addition.
Une Dépendance Réduite à un Élément Architectural
Ainsi, Artemis apparaît moins dépendant d’un seul élément architectural qu’il n’y paraît. La Gateway, si elle est finalement réalisée, pourrait ajouter une flexibilité opérationnelle et une capacité à long terme. Si elle ne l’est pas, Artemis pourrait néanmoins continuer en s’appuyant davantage sur des atterrisseurs commerciaux, des habitats de surface, des rovers et des systèmes de soutien déjà en cours de développement. La forme à long terme du programme pourrait dépendre moins de l’endroit où les astronautes font une pause en orbite et plus de la manière dont les systèmes permettant aux gens de vivre et de travailler sur la Lune évoluent au fil du temps.
Mon avis :
La stratégie d’Artemis, même sans la Gateway, reste viable grâce à l’accent mis sur les missions lunaires directes et l’utilisation de systèmes commerciaux développés, comme ceux de SpaceX et Blue Origin, renforçant la flexibilité. Cependant, l’absence de la Gateway pourrait engendrer des défis logistiques pour des opérations durables à long terme.
Les questions fréquentes
Quelle est la fonction du Lunar Gateway dans le programme Artemis de la NASA ?
Le Lunar Gateway est une station en orbite lunaire prévue pour soutenir l’exploration à long terme de la Lune. Bien qu’il fasse partie de l’architecture du programme Artemis, son absence ne stopperait pas les missions, mais pourrait orienter l’accent vers des opérations directement sur la surface lunaire.
Comment les missions Artemis fonctionneront-elles sans le Gateway ?
Sans le Gateway, les missions Artemis s’appuieraient sur une architecture simplifiée permettant aux astronautes de lancer depuis la Terre avec Orion, d’entrer en orbite lunaire, et de transférer directement vers un véhicule de descente. Ce modèle réduit la complexité tout en préservant les objectifs centraux des missions.
Quels sont les projets de NASA concernant les habitats sur la Lune ?
NASA développe divers concepts d’habitats lunaires, parmi lesquels le module d’habitation polyvalent et la plateforme de mobilité habitable. Ces structures permettent aux astronautes de vivre et de travailler sur la Lune pendant des périodes prolongées, favorisant une présence humaine durable.
Quel est l’état des véhicules de mobilité pour les missions lunaires Artemis ?
NASA a attribué des contrats de services pour les véhicules de terrain lunaire à trois entreprises. Ces équipes visent à concevoir des rovers adaptés aux opérations lunaires, et la sélection finale d’un ou plusieurs modèles sera effectuée ultérieurement pour soutenir la mobilité des astronautes sur la surface lunaire.







