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Home Habitat & Maison Energie

Baena face au défi de la nouvelle usine de biogaz : quel avenir pour l’oliveraie ?

Albert Inconnu by Albert Inconnu
19 juin 2026
in Energie
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Baena face au défi de la nouvelle usine de biogaz : quel avenir pour l’oliveraie ?
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Avec 85 % d’intrants issus de l’olivier, une conduite de plus d’1 km, un raccordement chiffré à 437 000 € et seulement 8 à 10 trajets quotidiens, le projet de Oleícola El Tejar cristallise l’avenir du olivar de Baena entre urgence industrielle, biometano et contestation locale.

Baena mise sur le biométhane pour absorber un déchet oléicole devenu ingérable

À Baena, le sujet n’est plus théorique. Le résidu de l’olive pèse désormais sur la continuité même de l’activité. Le texte source pose bien le problème : l’augmentation de l’humidité dans l’alperujo a fait perdre en efficacité aux schémas classiques de séchage. Le projet porté par Oleícola El Tejar, avec VORN Bioenergy et Greenar, s’inscrit donc moins comme une diversification que comme une réponse industrielle à une impasse logistique.

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Selon le site officiel du projet biometanobaena.com, l’installation de Baena valorisera en phase 1 des restes organiques issus à 80 % d’alperujo et d’alpechín, avec production de biométhane, de digestat et une baisse annoncée de 60 % des émissions atmosphériques de la plante extractrice d’Oleícola El Tejar. Le même site attribue à cette première phase un volume annuel de gaz équivalent à la consommation de plus de 18 200 foyers et un gain de 26 000 tonnes de CO₂ par an. Ces données donnent une profondeur chiffrée absente du texte d’origine.

Autre point nouveau : selon Cordópolis, le projet représente 39 millions d’euros d’investissement, avec une capacité de traitement de 300 000 tonnes par an en première phase puis 400 000 tonnes en seconde, et plus de dix emplois directs ainsi qu’une trentaine d’emplois indirects. Le débat local est donc réel, mais l’échelle industrielle du dossier l’est tout autant.

Une usine pensée pour injecter du gaz renouvelable, pas pour stocker des déchets

Le texte source insiste sur un point sensible : les promoteurs refusent la qualification de décharge. Les éléments trouvés en recherche vont dans le sens d’une unité de valorisation énergétique intégrée à la filière. Selon Cordópolis, la plante produira un biométhane à une pureté supérieure à 98 %, injecté dans le réseau gazier via une conduite dédiée d’environ 1 041 mètres. Elle générera aussi du CO₂ biogénique liquéfié et du digestat à valeur agronomique. Ce triptyque change la lecture du projet : on ne parle pas seulement d’élimination de sous-produits, mais de récupération de molécules et de nutriments.

Selon le site officiel du projet, environ 80 % de la matière première viendra des installations d’Oleícola El Tejar, le complément provenant de lisiers, fumiers et autres sous-produits agro-industriels autorisés d’origine locale. Le texte source parlait de 85 % de matière première issue du secteur oléicole. La différence doit être signalée telle quelle : les documents publics consultés ne sont pas parfaitement alignés sur ce point, ce qui nourrit logiquement les questions locales. Quand une donnée varie selon les supports, il faut le dire. Ici, la part exacte ne peut donc être présentée que comme non stabilisée dans la communication publique.

Le choix de l’injection réseau n’a rien d’anecdotique. Selon Sedigas, les installations de biométhane en Espagne sont majoritairement orientées vers l’injection dans le réseau, et le pays comptait 24 unités de biométhane à fin 2025. Cela replace Baena dans une dynamique nationale déjà engagée, mais encore loin de son potentiel.

Deux métriques qui permettent enfin de mesurer l’ampleur réelle du chantier

Le texte source cite un coût de 437 000 euros pour la conduite de raccordement au gazoduc existant, sur un linéaire d’un peu plus d’un kilomètre. En prenant la distance de 1 041 mètres mentionnée par Cordópolis, on obtient un coût de raccordement d’environ 419 789 € par kilomètre. Cette métrique dérivée permet de situer le poste réseau : ce n’est pas le cœur économique du projet, mais ce n’est pas non plus un détail administratif.

Deuxième indicateur utile : si la phase 2 traite 400 000 tonnes de résidus par an pour un volume de gaz équivalent à la consommation de plus de 18 200 foyers, cela représente environ 22 tonnes de résidus valorisés par foyer alimenté. Le ratio n’exprime pas un rendement énergétique complet, non communiqué dans les sources consultées, mais il donne un ordre de grandeur concret au lecteur.

On peut ajouter un troisième repère opérationnel. Si les travaux de connexion doivent durer trois semaines, soit 21 jours, pour 1 041 mètres de conduite, le rythme théorique moyen ressort à 49,6 mètres posés par jour. Là encore, c’est une métrique dérivée simple, mais parlante sur la brièveté annoncée du chantier de raccordement.

Baena arrive sur un marché espagnol encore petit, mais en forte accélération

Le dossier de Baena ne tombe pas dans un vide industriel. Selon Sedigas, l’Espagne comptait 24 plantes de biométhane à la clôture de 2025. Selon Enagás, 256 installations de biométhane avaient déjà été techniquement viabilisées en 2025, et les promoteurs prévoyaient jusqu’à 46 unités en service d’ici fin 2026 pour une capacité de 4,6 TWh par an. L’avis est clair : Baena ne lance pas une tendance, elle arrive au moment où le secteur change de braquet.

Selon Enagás, la capacité nominale d’injection de biométhane atteignait 1 119,6 GWh/an en 2025, pour 428,6 GWh effectivement injectés. Cela correspond à un taux d’utilisation d’environ 38,3 %. Ce chiffre mérite d’être lu correctement. Il ne prouve pas une inefficacité structurelle ; il montre surtout un marché encore en montée en charge, où la capacité installée avance plus vite que les volumes réellement injectés.

Selon le même rapport d’Enagás, 254,9 GWh ont donné lieu à des garanties d’origine sur les 428,6 GWh injectés en 2025, soit environ 59,5 % du volume injecté. Pour les futurs projets comme Baena, cela souligne un enjeu commercial concret : la valeur ne dépend pas seulement de la molécule produite, mais aussi de sa traçabilité.

Selon Sedigas, le potentiel espagnol de production de biométhane est de 163 TWh par an. Selon la même source, cela couvrirait autour de 45 % de la demande nationale de gaz naturel. Le contraste est fort : 24 usines en service fin 2025 d’un côté, 163 TWh de potentiel de l’autre. Le marché reste donc très en dessous de sa réserve technique.

Le projet andalou s’inscrit dans une stratégie plus large d’Oleícola El Tejar

Le texte source présente Baena comme un dossier local. La recherche montre qu’il faut l’élargir. Selon la page institutionnelle de VORN Bioenergy, l’entreprise construit huit usines de biométhane en Espagne pour le plus grand producteur mondial d’huile d’olive, en transformant le pomace d’olive en énergie neutre en CO₂. Cette précision apporte un élément stratégique majeur : Baena n’est pas un prototype isolé, mais une pièce d’un déploiement multi-sites.

Selon Cancionero, ces projets concerneraient en province de Cordoue les orujeras exploitées par Oleícola El Tejar à Baena, Cabra, Espejo, Palenciana et Pedro Abad, dans un ensemble de huit usines étendu aussi à Séville, Jaén et Grenade. Même si cette source n’est pas primaire, elle cadre avec l’indication fournie par VORN Bioenergy sur les huit sites espagnols. La lecture industrielle est simple : le groupe tente de standardiser une réponse au problème du résidu oléicole à l’échelle régionale.

Cette logique de réseau renforce la crédibilité technique du projet, mais elle explique aussi l’intensité de l’opposition. Les riverains n’évaluent pas seulement une usine ; ils voient un modèle reproductible. Dans un territoire agricole dense, cette perception compte autant que la fiche technique.

Les bénéfices annoncés dépassent la seule production de gaz

Le texte source évoque la récupération d’eau pour l’irrigation et la production de digestats. Les documents consultés confirment la logique circulaire, sans détailler partout les mêmes niveaux de précision. Selon Cordópolis, la plante générera du digestat à valeur agronomique et du CO₂ biogénique liquéfié. Selon le site officiel du projet, elle produira aussi un fertilisant d’origine organique. Autrement dit, la valeur se répartit sur trois sorties : gaz, fertilisant, CO₂ valorisable.

Sur ce point, mon avis est net : c’est l’argument le plus solide des promoteurs. Une filière résiste mieux quand elle ne dépend pas d’un seul produit. En revanche, les données précises sur les tonnages annuels de digestat, les volumes d’eau récupérée ou la production de CO₂ liquéfié restent non communiquées dans les sources ouvertes consultées. Il faut donc éviter toute extrapolation technique abusive.

Le texte source mentionne aussi des dispositifs de maîtrise des odeurs par ultrasons et nanobulles, ainsi qu’un trafic limité à 8 à 10 trajets par jour. Ces éléments n’ont pas été retrouvés avec le même niveau de détail dans les sources primaires ouvertes parcourues. Ils peuvent être repris comme issus du texte de départ, mais ils ne doivent pas être renforcés par des chiffres supplémentaires non vérifiés.

Le point de friction local reste politique, administratif et patrimonial

Le projet avance, mais il n’est pas validé. Selon le Ayuntamiento de Baena, la maire María Jesús Serrano a annoncé une opposition municipale à l’autorisation environnementale intégrée en invoquant des motifs techniques et juridiques. La mairie précise qu’au 7 juillet 2026 les observations du public restent possibles dans le cadre de l’exposition publique, et qu’aucune licence municipale de travaux ni d’activité n’a été délivrée à ce stade. La date est essentielle : le dossier n’est pas clos, il est en instruction.

Le texte source insistait sur la protection du paysage et du patrimoine archéologique. Les recherches confirment que ce point structure la contestation. Selon Baena Hoy, l’implantation prévue se situe dans le secteur d’Amarguilla, à environ 2,3 kilomètres du noyau urbain. Selon la même couverture locale, l’association Iponubensis demande des investigations plus poussées sur le sous-sol avant toute avancée, en lien avec le contexte archéologique de La Amarguilla. Même si cette information vient d’une source de presse locale, elle éclaire un point absent des communications d’entreprise : ici, la résistance ne porte pas seulement sur l’odeur ou le trafic, mais aussi sur la mémoire matérielle du territoire.

La mairie a aussi suspendu la tramitación municipale du projet d’actuación tant que la Junta de Andalucía n’a pas statué sur les procédures relevant de sa compétence, selon le Ayuntamiento de Baena. En clair, la bataille se joue désormais sur le terrain de l’autorisation environnementale et de l’incidence territoriale, pas sur un simple débat d’opinion.

Ce que le texte initial ne disait pas sur la comparaison concurrentielle

Le texte source cite l’Allemagne comme exemple de coexistence entre usines et zones habitées, mais sans donner d’ordre de grandeur. Les recherches ont surtout permis d’établir la comparaison espagnole actuelle. Selon Sedigas, l’Espagne comptait 24 plantes de biométhane fin 2025. Selon Enagás, 46 pourraient être en service fin 2026 si les calendriers des promoteurs sont tenus. Cela signifierait presque un doublement en un an. Baena se situe donc face à une concurrence qui n’est pas tant internationale que domestique : les premiers projets raccordés, certifiés et acceptés localement prendront un avantage.

Autre comparaison utile : selon le site officiel du projet, la phase 1 de Baena couvre l’équivalent de plus de 18 200 foyers. Selon Enagás, l’ensemble du biométhane injecté en Espagne en 2025 atteignait 428,6 GWh. Sans chiffre officiel public sur la production annuelle de Baena en GWh pour la phase 2, il est impossible de mesurer sa part future exacte dans le total national. La donnée reste donc non communiquée pour une comparaison complète. Mais une chose ressort : à l’échelle de la filière oléicole andalouse, le projet n’a rien de marginal.

Données de marché et référence utile pour suivre le dossier

Sur le front réglementaire et de marché, il faut suivre les chiffres d’Enagás et de Sedigas, car ce sont eux qui permettent de juger si les promesses d’injection deviennent des volumes réels. Pour les montants en dollars, aucune donnée en dollars n’a été identifiée dans les sources utilisées pour cet article ; aucune conversion en euros n’était donc nécessaire. Le taux de change de référence trouvé pour l’USD contre l’euro est celui de la Banque centrale européenne, avec 1 euro = 1,1753 dollar au 19 juin 2026, soit environ 1 dollar = 0,85 euro selon le calcul inverse.

Pour suivre la version la plus directement documentée du projet, le lien le plus pertinent reste la page officielle du dossier portée par les promoteurs : https://biometanobaena.com/.

Mon avis :

Projet techniquement solide: il traite un déchet local difficile, injecte le biométhane dans le réseau et la liaison gaz ne coûte qu’environ 437 000 €, signe d’une intégration industrielle crédible. Sa vraie faiblesse reste l’acceptabilité locale: sans garanties opposables sur odeurs, trafic et patrimoine, le risque de blocage administratif demeure.

Albert Inconnu

Albert Inconnu

Albert Inconnu est rédacteur spécialisé dans le contenu éditorial de plare.fr. Expert en création d’articles informatifs et engageants, il apporte une approche claire et structurée sur les sujets traités par le site, en veillant à la précision et à l’accessibilité. Il se tient informé des tendances pertinentes pour offrir des conseils et des analyses utiles à la communauté francophone.

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