Dans un contexte où la gestion des déchets agricoles devient cruciale, la paja de arroz et les restes de taille se réinventent en ressources précieuses. Des projets comme BIOVALSA et BIOPLA transforment ces déchets en bioplastiques durables, offrant une réponse innovante à la crise environnementale actuelle.

Les résidus de paille de riz et les déchets de taille issus de cultures comme les agrumes ont été considérés comme un problème pendant longtemps : des tonnes de déchets difficiles à gérer, engendrant des coûts d’élimination élevés et, dans de nombreux cas, des incinérations à l’air libre présentant d’importants impacts environnementaux. Toutefois, ces dernières années, cette situation évolue grâce à des projets qui les transforment en matières premières pour la fabrication de bioplastiques avancés.
Dans la Communauté Valencienne, chaque saison sont générées des centaines de milliers de tonnes de déchets végétaux qui étaient jusqu’alors un véritable casse-tête pour les agriculteurs et les administrations. Aujourd’hui, des initiatives telles que BIOVALSA, BIOPLA ou Varbiopac, ainsi que d’autres lignes de recherche en bioremédiation, prouvent que ces résidus peuvent être transformés en emballages biodégradables, films actifs pour les aliments et même en additifs antimicrobiens de haute valeur ajoutée.
De déchets agricoles à bioplastiques : une nouvelle chaîne de valeur
Le domaine valencien produit chaque année environ 800 000 tonnes de déchets végétaux, principalement issus de la paille de riz cultivée dans l’Albufera et des déchets de taille d’agrums. Traditionnellement, la gestion de cette biomasse était basée sur des solutions coûteuses ou peu durables, comme l’incinération contrôlée ou son élimination avec de forts coûts logistiques.
Un des éléments clés du problème réside dans le fait que les processus habituels pour convertir cette biomasse en bioplastiques dépendent d’enzymes commerciales très coûteuses, représentant jusqu’à 40 % des dépenses totales de transformation. Ce coût limitait la viabilité industrielle et freinait l’adoption d’alternatives plus vertes par rapport aux plastiques pétroliers. Dans ce contexte, l’analyse sur l’innovation et les défis dans les bioplastiques se révèle pertinente.
Face à cette situation, des projets émergent pour développer des itinéraires de valorisation plus économiques et durables, capables de tirer pleinement parti des fractions formant la biomasse lignocellulosique : cellulose, hémicellulose et lignine. Plutôt que de considérer la paille de riz et les déchets de taille comme une nuisance, ils commencent à être vus comme des matières premières stratégiques pour une nouvelle industrie de bioplastiques d’origine végétale. Ces itinéraires de valorisation sont clés pour la transition.
Cette transformation s’inscrit dans une logique d’économie circulaire appliquée à l’agriculture : les déchets agricoles cessent d’être un produit en fin de cycle pour s’intégrer dans de nouvelles chaînes de valeur, générant des produits industriels d’intérêt élevé tout en réduisant les impacts environnementaux et les coûts de gestion. L’initiative s’aligne avec la Stratégie de spécialisation intelligente (S3) et d’autres politiques publiques.
En outre, en remplaçant les plastiques traditionnels par des bioplastiques compostables ou biodégradables, on contribue à réduire l’empreinte carbone et la dépendance aux ressources fossiles, un aspect qui répond aux exigences réglementaires européennes et à la sensibilité croissante des consommateurs et des institutions à l’égard de l’environnement. L’essor des matériaux biodégradables fait partie de cette tendance.

Projet BIOVALSA : bioplastiques à partir de paille de riz et de taille
Le projet BIOVALSA, dirigé par AIMPLAS (Institut Technologique du Plastique), se concentre sur le développement de processus innovants pour produire des bioplastiques à partir de la paille de riz et des déchets de taille d’agrums de la Communauté Valencienne. Son objectif est de prouver qu’il est possible de valoriser cette biomasse de manière rentable sans avoir recours à des composés chimiques toxiques ni à des enzymes commerciales coûteux.
BIOVALSA est financé par IVACE+i Innovation et des fonds FEDER dans le cadre du programme Communauté Valencienne 2021-2027, et s’inscrit dans les Comités stratégiques d’innovation spécialisés en économie circulaire et en technologies habilitantes. Le projet s’inscrit également dans la Stratégie de spécialisation intelligente (S3) de la région, qui favorise des projets capables de transformer les déchets en produits à haute valeur ajoutée grâce à des solutions technologiques avancées.
Le plan de BIOVALSA consiste à concevoir des processus alternatifs de séparation de la biomasse lignocellulosique qui n’utilisent ni traitements agressifs ni solvants dangereux. Plutôt que cette approche chimique intensive, le projet favorise des techniques basées sur la biotechnologie, utilisant des souches bactériennes et des microorganismes sélectionnés pour décomposer la cellulose et l’hémicellulose de manière contrôlée.
Ces méthodes permettent de récupérer séparément les trois grandes fractions de la biomasse : cellulose, hémicellulose et lignine. Chacune d’elles est ensuite destinée à une application concrète dans l’industrie des bioplastiques, maximisant ainsi la valeur globale du processus et évitant le gaspillage de toute partie du résidu.
Le projet en est à sa première année de développement et a déjà réalisé des avancées significatives tant dans la séparation des composants que dans la sélection de microorganismes adéquats. Des méthodes de fractionnement de la paille de riz ont été validées sans utiliser de toxiques, tout en testant différentes souches bactériennes capables de transformer les sucres libérés en acides organiques d’intérêt industriel.
Cellulose, hémicellulose et lignine : trois fractions, plusieurs bioplastiques
Dans l’approche de BIOVALSA, la cellulose extraite de la paille de riz est utilisée comme substrat pour la production d’acide lactique par fermentation. Cet acide lactique est le monomère fondamental pour fabriquer le PLA (acide polylactique), actuellement le bioplastique d’origine végétale le plus répandu sur le marché, couramment utilisé dans les emballages, l’impression 3D et de nombreux produits à usage unique.
De son côté, l’hémicellulose séparée de la biomasse est orientée vers l’obtention d’acide succinique, un autre composé clé pour la synthèse de PBS (polibutylène succinate). Le PBS est un biopolymère biodégradable avec de bonnes propriétés de flexibilité et de résistance à la chaleur, ce qui en fait un matériau intéressant pour des applications nécessitant des comportements thermiques et mécaniques plus exigeants.
La troisième fraction, la lignine, traditionnellement considérée comme un sous-produit problématique, joue dans BIOVALSA un rôle très différent. Grâce à ses propriétés antimicrobiennes naturelles, elle est envisagée comme additif fonctionnel pour des formulations de bioplastiques où l’on souhaite éviter la prolifération de microorganismes, prolongeant ainsi la durée de conservation ou la sécurité des produits.
Ainsi, au lieu de se concentrer uniquement sur la production d’un seul type de polymère, le projet construit une bioremédiation intégrale de la paille de riz et de la taille, où chaque composant est transformé en une ressource distincte. Cette approche multiplie les applications industrielles possibles : de granules de PLA et PBS pour les emballages, jusqu’aux additifs ligniniques pour des films antimicrobiens ou des solutions spécifiques dans le domaine de l’emballage alimentaire.
Tout cela est conçu pour que les matériaux obtenus soient biodégradables et compostables, de manière à ce que le cycle de vie du produit se termine de manière plus propre que dans le cas des plastiques conventionnels, minimisant ainsi les déchets persistants dans sa phase finale. L’existence d’infrastructures comme l’usine de compostage illustre l’écosystème nécessaire pour fermer ce cycle.
Qui participe à BIOVALSA et quelles sont les contributions de chaque partenaire
AIMPLAS coordonne BIOVALSA, apportant une vaste expérience dans la valorisation des déchets et le développement de biopolymères. Son rôle va de l’optimisation des processus de fractionnement de la biomasse à la conception et validation des formulations plastiques utilisant les fractions obtenues.
Le Institut Universitaire d’Ingénierie Alimentaire de l’Université Polytechnique de Valence (FoodUPV) participe en tant que référence académique dans les processus de biotransformation, fermentation et valorisation des sous-produits agroalimentaires. Son expertise sert à ajuster les conditions d’hydrolyse et de fermentation ainsi qu’à évaluer la viabilité technique des itinéraires proposés.
La société Bioban est responsable de l’analyse génomique et de la sélection des souches bactériennes et microorganismes les plus adaptés pour décomposer la cellulose et l’hémicellulose de la paille de riz. Son travail est clé pour identifier des biocatalyseurs efficaces permettant de réduire la dépendance aux enzymes commerciales coûteuses.
De son côté, Viromii est responsable de l’étude de la viabilité économique des nouveaux processus d’obtention de biocomposés, évaluant les coûts des matières premières, de la logistique, de la transformation et du potentiel de marché. Son objectif est de déterminer si les processus développés peuvent être transférés à l’échelle industrielle avec une rentabilité raisonnable.
Enfin, Prime Biopolymers agit en tant que client final et responsable de la validation industrielle des matériaux obtenus. Elle analyse leur comportement en usine, leur compatibilité avec des technologies de transformation telles que l’extrusion ou le moulage par injection et leur adéquation à différentes applications commerciales dans le secteur des bioplastiques.
Projet BIOPLA : emballages biodégradables à partir de paille de riz de l’Albufera
Un autre projet phare en Communauté Valencienne est BIOPLA, centré spécifiquement sur la paille générée par le cultivage de riz dans l’Albufera de Valence. Cette initiative, coordonnée par la Société des Agriculteurs de la Vega (SAV), vise à produire des emballages biodégradables et durables en utilisant cette paille comme matière première, transformant ainsi un problème de gestion en une opportunité économique.
La pratique de la combustion de la paille de riz à l’automne a été courante pour éviter l’accumulation de déchets et leur décomposition en champs, affectant la qualité de l’eau de la lagune et provoquant la mort de poissons. Cependant, cette incinération engendre des émissions de gaz polluants et des problèmes respiratoires pour la population des zones environnantes, tout en augmentant la pollution atmosphérique. Le développement d’une économie verte locale contribue à atténuer ces impacts.
L’objectif central de BIOPLA est de conférer à la paille de riz un valeur économique suffisante pour compenser le coût de sa récolte et de sa gestion. Pour ce faire, le projet propose son utilisation comme matière première renouvelable pour produire des bioplastiques plus respectueux de l’environnement que ceux obtenus à partir de ressources fossiles, contribuant ainsi à une économie circulaire autour de l’Albufera.
Ce projet est financé par la Conselleria de l’Innovation, de l’Industrie, du Commerce et du Tourisme de la Generalitat Valenciana et bénéficie du soutien de l’Agència Valenciana de la Innovació (AVI) et de fonds européens FEDER. La coordination est assurée par la SAV, qui collabore avec Prime Biopolymers, Viromii et AIMPLAS pour couvrir l’ensemble du cycle, du champ au matériau plastique final.
Comment transformer la paille de riz en PLA dans BIOPLA
Le processus de transformation proposé par BIOPLA débute par le broi mécanique des tiges de paille afin de faciliter les étapes ultérieures. Une fois réduite en taille, la biomasse subit des processus d’hydrolyse enzymatique qui rompent les chaînes de polysaccharides, libérant des sucres fermentescibles.
Ces sucres servent de substrat lors d’une étape de fermentation microbienne qui génère de l’acide lactique. Par la suite, à travers un processus de polymérisation, cet acide lactique est transformé en acide polylactique ou PLA, le bioplastique le plus implanté sur le marché des polymères biodégradables, représentant environ 40 % du secteur. Des exemples d’adoption industrielle montrent comment certaines marques intègrent ce bioplastique dans leurs lignes.
Le PLA ainsi obtenu peut être transformé en emballages biodégradables de multiples formats, adaptés à des produits alimentaires ou à d’autres usages. Ce matériau se caractérise par sa capacité à se décomposer dans des conditions adéquates et par son impact environnemental réduit par rapport aux plastiques conventionnels, car il provient de ressources renouvelables et peut s’intégrer dans des systèmes de compostage industriel.
Depuis le lancement de BIOPLA, l’équipe technique a travaillé sur la logistique de collecte et de stockage de la paille, ainsi que sur des essais à l’échelle laboratoire pour optimiser les différents traitements. Avec les résultats obtenus, il est prévu de scaler le processus à une usine pilote pour valider son fonctionnement à un volume semi-industriel et ajuster les paramètres économiques et techniques.
Cette approche vise à démontrer la viabilité technique, économique et environnementale de la technologie, englobant non seulement l’aspect chimique et biotechnologique du processus, mais aussi la gestion intégrale du déchet agricole, du champ à l’usine de transformation.
Rôle de SAV, AIMPLAS, Prime Biopolymers et Viromii dans BIOPLA
La Société des Agriculteurs de la Vega (SAV) coordonne BIOPLA et est chargée de fournir et stocker la paille, ainsi que de piloter le processus de transformation à une échelle semi-industrielle. Sa participation est essentielle pour garantir que la logistique de collecte, de transport et d’accumulation soit viable et réalisable pour le secteur agricole. La logistique de collecte et d’entreposage est une partie critique du projet.
AIMPLAS apporte son expertise technique en bioprocédés de fermentation pour les bioplastiques, aidant à définir les conditions optimales pour la production d’acide lactique et sa polymérisation ultérieure. Son expérience permet d’ajuster des variables telles que la température, le pH, le temps de processus et les formulations de catalyseurs.
La société Prime Biopolymers dirige la phase de polymérisation de l’acide lactique, le transformant en PLA prêt à être utilisé pour des applications industrielles. De plus, elle réalise des études sur l’évolutivité du processus et sur la manière d’intégrer ce PLA d’origine agricole dans les lignes de production existantes.
Enfin, Viromii analyse la gestion des résidus agricoles dans le contexte du marché du PLA, évaluant des aspects liés à la compétitivité, des modèles d’affaires potentiels, des coûts associés et des opportunités commerciales. Son travail vise à garantir que la solution proposée ait un débouché réel au-delà du cadre expérimental.
Projet Varbiopac : films actifs à partir de paille de riz, de raisin et de souchet
Au-delà de BIOVALSA et BIOPLA, la Communauté Valencienne est également le théâtre du projet Varbiopac (Valorisation des déchets agroalimentaires pour l’obtention de matériaux biodégradables pour l’emballage actif des aliments), impulsé par des chercheurs de l’Université Polytechnique de Valence (UPV).
Dans Varbiopac, on part de résidus très divers : paille de riz, rafles et marcs de raisin provenant de bodegas, ainsi que des restes de souchet après la préparation de l’horchata, parmi d’autres sous-produits locaux. Tout ce matériau est utilisé pour développer des emballages biodégradables avec des propriétés antimicrobiennes et antioxydantes, améliorant la conservation des aliments et aidant à réduire le gaspillage alimentaire.
Le projet a réussi à obtenir des biopolymères tels que l’amidon et le PHBV à partir de la paille de riz et des déchets de l’horchata, en plus d’extraits riches en composés phénoliques ayant une activité antimicrobienne et antioxydante. Ces extraits sont incorporés aux films pour leur conférer des fonctionnalités supplémentaires, donnant lieu à des emballages actifs capables d’interagir avec les aliments qu’ils protègent.
En conséquence, l’équipe a développé jusqu’à sept types différents de films actifs pour l’emballage des aliments, utilisant à la fois des biopolymères produits à partir de déchets et des matériaux de renforcement et extraits fonctionnels obtenus également à partir de sous-produits agroalimentaires.
Varbiopac a été financé par le programme Prometeo de la Generalitat Valenciana, destiné à soutenir des groupes de recherche d’excellence, et travaille depuis 2022 dans cette lignée de valorisation intégrale des déchets et de développement de matériaux durables pour les industries alimentaire et cosmétique.
Techniques propres pour extraire des composés de haute valeur
Un des aspects les plus intéressants de Varbiopac est l’utilisation de techniques d’extraction respectueuses de l’environnement, telles que l’extraction par eau subcritique. Cette méthodologie utilise de l’eau à haute température et pression pour agir comme solvant efficace, évitant ainsi l’utilisation de composés chimiques organiques polluants.
Ce type de processus permet d’obtenir des extraits riches en composés phénoliques qui apportent une activité antioxydante et antimicrobienne aux matériaux développés. Par conséquent, la valeur des déchets se multiplie : ils deviennent non seulement des biopolymères de base, mais génèrent également des ingrédients fonctionnels d’un grand intérêt.
Les films actifs produits dans le cadre de Varbiopac ont été testés dans des applications réelles d’emballage, avec des essais sur de l’huile, de la viande de porc et du saumon. Les résultats montrent un grand potentiel pour préserver la qualité des aliments périssables, ainsi que des usages possibles dans la cosmétique, où la protection contre l’oxydation et les microorganismes est également cruciale.
Cette approche s’inscrit dans l’idée que la durabilité n’est plus un plus, mais une nécessité pour l’industrie agroalimentaire. Réduire l’utilisation de plastiques conventionnels, minimiser les taxes et impôts associés à ceux-ci et valoriser simultanément des déchets auparavant problématiques représentent une opportunité économique et environnementale très pertinente.
De plus, en transformant des rafles, des marcs et des restes de souchet en matériaux commerciaux, les entreprises peuvent générer de nouvelles lignes d’affaires et améliorer leur compétitivité, passant de payer pour la gestion des déchets à obtenir des bénéfices en vendant des produits dérivés de ces même sous-produits.
Autres innovations avec des déchets agricoles pour des bioplastiques
Au-delà des projets axés sur la paille de riz et les déchets de taille, il existe d’autres initiatives démontrant le potentiel global des déblais agricoles comme source de bioplastiques. Un exemple est le projet PROMOFER, également promu par AIMPLAS, qui se concentre sur la transformation de déchets agroalimentaires et lignocellulosiques tels que les pailles de céréales, les déchets de taille ou les résidus de pâtes alimentaires en bioplastiques de type PHBV et en composés pour des polyuréthanes durables.
Une autre voie de travail significative est la conversion intégrale de biomasse de herbages en bioplastique fonctionnel avec des propriétés antimicrobiennes. Dans des recherches menées au Pays Basque, il a été démontré que, par le biais de l’hydrolyse alcaline de la biomasse et l’incorporation d’additifs comme l’ε-polylisine, il est possible d’obtenir des matériaux avec une bonne résistance mécanique, rigidité et capacité à inhiber des microbes comme Escherichia coli ou Staphylococcus aureus.
Des films de bioplastique à partir de résidus de fruits ont également été développés, par exemple, des écorces d’agrumes. Ces films combinent pectine, cellulose et microfibres, permettant de créer des matériaux biodégradables et recyclables avec des propriétés antioxydantes exploitables dans l’emballage des aliments à courte durée de vie.
Tout cet effort s’ajoute à l’exploration d’autres déchets agricoles comme le fumier, les pailles de blé, les déchets fruitiers, les pulpes ou les sous-produits lignocellulosiques de taille, qui peuvent s’intégrer dans des schémas de bioremédiation pour formuler des bioplastiques et des revêtements biodégradables. L’idée est toujours la même : transformer un déchet difficile à gérer en une ressource de haute valeur.
Ces innovations ne se contentent pas de réduire la quantité de déchets et la pollution associée, mais contribuent également à diversifier les sources de revenus du secteur agricole, fermant des cycles de production et favorisant des modèles d’agriculture plus résilients et durables.
Avantages environnementaux et économiques des bioplastiques agricoles
L’utilisation de déchets agricoles pour fabriquer des bioplastiques entraîne une série de bénéfices environnementaux majeurs. Premièrement, les émissions de gaz à effet de serre sont considérablement réduites en remplaçant les polymères dérivés du pétrole par des matériaux d’origine renouvelable et, dans de nombreux cas, compostables.
Deuxièmement, cela atténue l’accumulation de déchets agricoles non traités, qui génèrent souvent des problèmes d’odeurs, d’émissions de méthane et de pollution des sols et des eaux lorsqu’ils se décomposent de manière incontrôlée. En les intégrant dans des chaînes de valeur industrielles, ces déchets cessent d’être un passif pour l’environnement.
Du point de vue économique, ces modèles permettent aux agriculteurs et aux entreprises agroalimentaires d’obtenir des revenus supplémentaires pour leurs sous-produits, soit en les vendant à des usines de bioremédiation, soit en participant directement à des chaînes de transformation. Cela peut améliorer la rentabilité des exploitations ayant traditionnellement des marges faibles.
Au niveau de l’industrie plastique, la disponibilité de biopolymères ayant des propriétés de plus en plus compétitives facilite le respect de réglementations environnementales de plus en plus strictes et réduit l’exposition aux taxes et impôts sur l’utilisation de plastiques conventionnels, ce qui est particulièrement pertinent dans le contexte européen.
De plus, pour les marques qui misent sur des emballages durables, ces matériaux représentent un outil puissant de différenciation, leur permettant d’offrir des produits alignés avec la demande croissante de durabilité de la part des consommateurs et distributeurs, sans renoncer à la performance technique nécessaire.
Défis techniques, économiques et d’acceptation du marché
Malgré tous ces avantages, l’adoption massive des bioplastiques issus de déchets agricoles continue de faire face à des défis importants. L’un des principaux est de parvenir à des processus de transformation réellement efficaces et compétitifs par rapport à la production de plastiques conventionnels à grande échelle.
La logistique constitue également un défi : les déchets agricoles sont souvent dispérsés géographiquement, rendant leur collecte, transport et conditionnement coûteux. Il est crucial de concevoir des modèles logistiques et de collaboration avec le secteur primaire permettant de réduire ces coûts et de garantir un approvisionnement stable aux usines de bioremédiation. À cet égard, connaître comment partager des idées utiles peut être bénéfique.
D’un point de vue technique, les bioplastiques obtenus doivent répondre à de dures exigences en matière de résistance, de durabilité et de comportement dans différentes conditions d’utilisation. Cela exige de nombreuses recherches sur les formulations, les additifs, les compatibilisants et les tests de terrain pour assurer que la performance soit à la hauteur des attentes.
Enfin, l’acceptation du marché est essentielle : tant les entreprises que les consommateurs doivent percevoir que ces bioplastiques offrent un équilibre raisonnable entre coût, performances et durabilité. Si l’écart de prix par rapport au plastique conventionnel est très élevé ou si la performance ne convainc pas, l’adoption se ralentit.
Pour cette raison, des projets comme BIOVALSA, BIOPLA et Varbiopac ne se limitent pas à l’aspect technologique, mais intègrent des études de viabilité économique et des analyses de marché, avec pour objectif que les résultats ne restent pas dans les laboratoires et puissent être mis en œuvre de manière réaliste dans le tissu industriel.
La transformation de la paille de riz, des restes de taille et d’autres sous-produits agroalimentaires en bioplastiques montre à quel point les déchets du terrain peuvent devenir des éléments clés d’une économie circulaire plus avancée, capable de réduire la dépendance au pétrole, de minimiser les impacts environnementaux et de créer de nouvelles opportunités économiques dans le milieu rural et dans l’industrie.
Mon avis :
La valorisation des déchets agricoles, tels que la paja de arroz et les résidus de culture, ouvre un potentiel pour des bioplastiques durables, réduisant ainsi les coûts de gestion et l’impact environnemental. Cependant, des défis persistent, notamment la rentabilité et l’acceptation sur le marché, nécessitant des avancées technologiques et logistiques significatives.
Les questions fréquentes :
Quels sont les principaux défis liés à la transformation des déchets agricoles en bioplastiques ?
La transformation des déchets agricoles en bioplastiques fait face à divers défis, notamment l’efficacité des processus de transformation et la logistique de collecte. Les déchets étant souvent dispersés géographiquement, leur transport peut devenir coûteux. En outre, les bioplastiques doivent répondre à des normes strictes en matière de durabilité et de résistance pour rivaliser avec les plastiques conventionnels.
Quel est l’objectif du projet BIOVALSA ?
Le projet BIOVALSA vise à développer des processus innovants pour produire des bioplastiques à partir de paille de riz et de déchets de taille d’agrumes, sans recours à des composés chimiques toxiques. Son but est de valoriser cette biomasse de manière rentable tout en évitant l’utilisation d’enzymes commerciales coûteuses.
Comment la cellulose, l’hémicellulose et la lignine sont-elles utilisées dans la production de bioplastiques ?
Dans le cadre de projets comme BIOVALSA, la cellulose extraite de la paille de riz est utilisée pour produire de l’acide lactique, le monomère principal du PLA (acide polylactique). L’hémicellulose est transformée en acide succinique, essentiel pour le PBS (polibutylène succinate), tandis que la lignine est envisagée comme additif antimicrobien dans les formulations de bioplastiques.
Quels sont les bénéfices environnementaux des bioplastiques issus de déchets agricoles ?
L’utilisation de déchets agricoles pour créer des bioplastiques contribue à réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre et à diminuer l’accumulation de déchets non traités. Cela permet aussi de transformer un passif environnemental en un atout économique pour les agriculteurs, améliorant ainsi leur rentabilité tout en répondant aux exigences croissantes en matière de durabilité.

