À près de 2 000 €, un hypothétique iPhone Ultra pourrait perdre jusqu’à 1 114 € en un an : les smartphones pliants abandonnent en moyenne 64,6 % de leur valeur, contre 55 % pour les modèles classiques. De quoi transformer un simple test en pari coûteux pour les acheteurs.
Un iPhone Ultra pliable pourrait coûter très cher à tester
L’idée paraît simple : acheter un futur iPhone Ultra pliable, le garder quelques mois, puis le revendre si le format ne convainc pas. En pratique, l’opération risque d’être coûteuse. Selon SellCell, les smartphones pliants perdent en moyenne 64,6 % de leur valeur sur un an, contre 55 % pour les smartphones classiques. Autrement dit, la décote frappe plus vite et plus fort sur cette catégorie.
Le point clé, c’est le ticket d’entrée. Si un modèle pliable signé Apple démarre autour de 2 000 $, cela correspond à environ 1 746 € au taux de référence de la BCE du 22 juin 2026 (1 € = 1,1456 $). En reprenant l’hypothèse de SellCell, la perte potentielle sur douze mois grimpe à 1 292 $, soit environ 1 128 €. Le simple “test produit” ressemble alors moins à un essai qu’à une dépense sèche.
La source d’origine nuance toutefois ce scénario : les iPhone tiennent généralement mieux la cote que la moyenne du marché Android. C’est exact. Toujours selon les chiffres cités, un iPhone 16 standard conservait 51,4 % de sa valeur après un an, tandis qu’un iPhone 16 Pro Max 256 Go en gardait 56,4 %. Même avec cette meilleure tenue, la perte reste massive si le prix de départ s’envole au niveau d’un pliable premium.
Le vrai problème, c’est la combinaison prix élevé + décote rapide
Le sujet ne se résume pas au seul pourcentage de dépréciation. Ce qui fait mal, c’est la combinaison entre un tarif initial très haut et une revente structurellement moins favorable. Un téléphone vendu 1 746 € et revendu un an plus tard avec une perte de 64,6 % laisserait une valeur résiduelle d’environ 618 €. La perte nette atteindrait donc 1 128 €.
Deuxième métrique dérivée : ramenée au mois, cette décote représente environ 94 € par mois sur douze mois. Pour un acheteur qui veut simplement “voir si le format pliable lui convient”, la facture devient vite disproportionnée. Ce niveau de perte dépasse le coût d’usage annuel de beaucoup de smartphones premium non pliants achetés au bon moment ou revendus plus facilement.
Il faut aussi comparer l’écart de performance entre catégories. D’après SellCell, l’écart de dépréciation entre pliants et smartphones classiques atteint 9,6 points sur un an. Rapporté au segment classique, cela signifie qu’un pliant se déprécie environ 17,5 % plus vite qu’un smartphone traditionnel sur cette période. Ce n’est pas un détail. C’est un handicap structurel à la revente.
Apple part avec un avantage, mais pas avec une immunité
Je le dis clairement : si un constructeur peut limiter la casse, c’est Apple. La marque garde en général une meilleure valeur résiduelle que nombre de concurrents. Les iPhone haut de gamme bénéficient d’une demande solide sur le marché de l’occasion, d’un suivi logiciel long et d’une image produit plus stable dans le temps.
Le problème, c’est qu’un iPhone pliable ne serait pas un iPhone comme les autres. Il entrerait dans une catégorie qui reste perçue comme plus risquée : charnière, pli visible, réparabilité potentiellement plus complexe, coûts d’assurance plus élevés et doutes sur l’endurance réelle après plusieurs mois d’usage intensif. Même si Apple exécute mieux que ses rivaux, il lui sera difficile d’effacer totalement les règles du marché des foldables.
Le précédent des iPhone 16 cités dans la source donne d’ailleurs un ordre de grandeur. Si un iPhone Ultra pliable à 1 746 € conservait 51,4 % de sa valeur après un an, il vaudrait encore environ 898 €, soit une perte de 848 €. S’il conservait 56,4 %, sa valeur résiduelle monterait à environ 985 €, soit une perte de 761 €. Même dans ce scénario plus favorable que la moyenne des pliants, l’expérience reste chère.
Le marché montre déjà ce que coûte un pliant premium
Pour juger un hypothétique iPhone Ultra, il faut regarder les modèles déjà en rayon. Chez Samsung, le Galaxy Z Fold6 256 Go est affiché à 1 899,99 $, soit environ 1 658 € au taux de la BCE, selon la grille tarifaire MSRP publiée par la marque aux États-Unis. Chez Google, le Pixel 9 Pro Fold démarrait à 1 899 € sur le Google Store France. On parle donc bien d’un segment installé au-dessus des flagships classiques.
Ce point est essentiel : un pliant ne remplace pas seulement un smartphone premium. Il vient souvent concurrencer à la fois un smartphone haut de gamme et une petite tablette. Sur le papier, c’est séduisant. Dans les chiffres, cela crée un produit plus coûteux, plus spécialisé et donc plus exposé à une revente difficile si l’acheteur change d’avis.
Le Pixel 9 Pro Fold illustre bien la logique produit du segment. Selon le Google Store, ce modèle mise sur un double affichage 8 pouces + 6,4 pouces, 16 Go de RAM, une puce Tensor G5, un module photo avec capteur principal 48 MP, ultra grand-angle 10,5 MP, téléobjectif 10,8 MP et zoom 20x. Le message est clair : le pliant ne vend pas seulement une charnière, il vend un usage hybride orienté productivité, multimédia et multitâche.
Les concurrents montrent aussi les compromis techniques
La catégorie des pliants promet plus d’écran, mais impose encore des arbitrages. Un smartphone monobloc premium reste souvent plus simple à vivre au quotidien : format plus fin, moins de masse mécanique, meilleure résistance psychologique à l’usage, coût de réparation généralement plus lisible. À l’inverse, un pliant cible des besoins précis : afficher deux apps côte à côte, lire confortablement, retoucher des documents, regarder des vidéos sur une dalle plus grande sans transporter de tablette.
Chez Apple, l’iPhone 16 Pro Max reste un bon point de comparaison. Selon le communiqué officiel de la marque publié le 9 septembre 2024, ce modèle embarque une puce A18 Pro, un écran de 6,9 pouces, un ultra grand-angle 48 Mpx, un téléobjectif 5x et démarrait à 1 479 € en France. Pour beaucoup d’utilisateurs, ce niveau de prestation couvre déjà l’essentiel sans ajouter la complexité d’un format pliable.
Voici d’ailleurs une métrique simple qui manquait dans la source : l’écart de prix catalogue entre un pliant premium type Pixel 9 Pro Fold à 1 899 € et un iPhone 16 Pro Max à 1 479 € atteint 420 €. Cela représente une hausse d’environ 28,4 % pour accéder au format pliable. Le surcoût existe avant même de parler de décote.
Le contexte marché ne plaide pas pour un achat d’impulsion
Le marché des pliants progresse, mais il ne s’est pas encore banalisé. Selon IDC, les expéditions mondiales de smartphones pliables devaient atteindre 20,6 millions d’unités en 2025, en hausse de 10 % sur un an. IDC ajoutait en décembre 2025 que le segment pourrait croître de 30 % en 2026, notamment avec l’arrivée attendue d’un premier iPhone pliable. Le cabinet précise aussi que les foldables représenteraient plus de 10 % de la valeur totale du marché smartphone d’ici 2029.
J’y vois un point très simple : le pliable reste d’abord un marché de valeur, pas encore un marché de masse. Les constructeurs y vendent des produits chers, à marges élevées, destinés à des acheteurs prêts à accepter un compromis prix/usage. Pour un grand public qui veut seulement tester “par curiosité”, le positionnement n’est pas idéal.
Counterpoint Research notait aussi que les expéditions mondiales de pliants avaient progressé de 9 % au premier trimestre 2025, avec la Chine à 66 % du marché sur la période. Là encore, le signal est clair : la dynamique existe, mais elle repose sur des zones et des profils d’acheteurs spécifiques. On est encore loin du smartphone universel qui se revend facilement partout et à bon prix.
Le délai de retour de 14 jours reste la seule vraie parade
La meilleure protection contre une mauvaise surprise ne vient pas de la revente. Elle vient de la politique de retour. En France, selon la page officielle d’Apple sur les retours et remboursements, un produit acheté sur l’Apple Store peut être retourné dans les 14 jours suivant sa réception. C’est la seule fenêtre qui permet de tester un appareil sans transformer l’essai en perte financière lourde.
Concrètement, si un iPhone Ultra pliable sort un jour, l’acheteur rationnel devra décider très vite. Deux semaines suffisent pour trancher sur quelques points concrets : confort en poche, intérêt réel du grand écran, utilité du multitâche, gêne éventuelle du pli, fréquence d’ouverture, et adaptation des apps. Si le doute persiste au-delà, la stratégie “j’achète puis je revends” devient beaucoup moins défendable.
Mon avis est net : sur un produit aussi cher, la période de retour compte davantage que la valeur de revente supposée. Parier sur l’occasion pour limiter la casse, c’est parier contre les chiffres du segment.
Les usages qui peuvent justifier un pliable existent, mais ils sont ciblés
Il ne faut pas caricaturer la catégorie. Un pliant peut avoir du sens. Les cas d’usage les plus crédibles sont connus : lecture de longs documents, gestion d’e-mails en double colonne, visioconférence avec prise de notes, retouche photo légère, consultation de feuilles de calcul, navigation GPS plus lisible, visionnage vidéo dans les transports. Un grand écran pliable peut aussi remplacer ponctuellement une petite tablette.
Mais ces bénéfices ne valent pas le même prix pour tout le monde. Si l’utilisateur ouvre l’appareil dix fois par jour pour travailler, le surcoût se défend mieux. S’il l’ouvre trois fois par semaine pour regarder des vidéos, beaucoup moins. Le pliable est un achat d’usage intensif, pas un achat de simple curiosité.
C’est précisément le trou laissé par la source d’origine : elle parle de décote, mais pas assez de la fréquence d’usage nécessaire pour amortir mentalement la dépense. Or c’est le cœur du sujet. Un appareil qui coûte entre 1 658 € et 1 899 € chez les concurrents, ou potentiellement 1 746 € dans l’hypothèse basse reprise ici pour un futur modèle Apple, doit répondre à un besoin régulier, pas à une envie passagère.
Tester un pliant, oui ; spéculer sur sa revente, non
Les données croisées racontent toutes la même histoire. Selon SellCell, les pliants décotent plus vite. Selon IDC et Counterpoint Research, le segment progresse, mais reste premium et encore étroit. Selon les fiches officielles de Google, Samsung et Apple, les prix se situent déjà à des niveaux très élevés, alors même que les usages supplémentaires ne concernent pas tout le monde.
En clair, acheter un futur iPhone Ultra pliable pour “voir” n’aura de sens que si l’achat passe par une phase de test courte, dans le cadre du délai légal proposé par Apple, ou si l’acheteur sait déjà qu’il exploitera vraiment le format. Dans tous les autres cas, l’expérience risque de coûter entre plusieurs centaines d’euros et plus de 1 100 € en un an. Pour un simple essai, c’est trop.
Source officielle : politique de retours Apple
Mon avis :
L’alerte est crédible : sur un pliable vendu autour de 1 718 €, une décote annuelle proche de 859 à 1 110 € rend l’achat-test risqué. Point fort toutefois, Apple amortit souvent mieux la revente que les rivaux Android. Verdict : produit potentiellement séduisant, mais mauvais pari si vous hésitez déjà.





