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Home Habitat & Maison Energie

La biomasa de algas, atout clé pour une alimentation durable en Europe

Albert Inconnu by Albert Inconnu
15 juillet 2026
in Energie
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La biomasa de algas, atout clé pour une alimentation durable en Europe
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Depuis 2024, un consortium de 8 pays réuni autour de SeaFoodFuture, coordonné par le IIM-CSIC et le CIAL-CSIC, explore pendant 3 ans le potentiel des algues pour produire protéines, aliments, piensos améliorés et emballages biodégradables, au cœur de la transition alimentaire durable en Europe.

Les algues prennent une place concrète dans l’alimentation durable européenne

La biomasse d’algues n’est plus un sujet de laboratoire isolé. En Europe, elle s’impose comme une matière première à double usage : d’un côté pour l’alimentation humaine et animale, de l’autre pour les emballages biosourcés. Le point fort du dossier est clair : une même ressource peut fournir des protéines, des fibres, des polysaccharides et, en fin de chaîne, des coproduits valorisables en matériaux. Cette logique de bioraffinerie manque encore d’échelle industrielle, mais elle répond exactement au problème actuel du secteur agroalimentaire : produire plus avec moins de déchets.

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Le projet SeaFoodFuture, coordonné par le Instituto de Investigaciones Marinas et le Instituto de Ciencias de la Alimentación, s’inscrit dans cette approche. Le programme vise à transformer des macroalgues marines en source durable de nutriments, avec un travail qui va de la sélection des espèces jusqu’aux prototypes alimentaires et aux solutions d’emballage. La matière n’est pas choisie au hasard : les équipes étudient notamment Saccharina latissima, Gracilaria spp., Palmaria palmata, Pyropia spp. et Ulva spp., soit des algues brunes, rouges et vertes déjà bien identifiées dans les chaînes de valorisation européennes.

Ce ciblage est cohérent avec les tendances du marché. Selon la Commission européenne, la demande européenne en algues pourrait passer d’environ 270 000 tonnes en 2019 à 8 millions de tonnes en 2030, pour un marché évalué à 9 milliards d’euros. Le saut est massif : cela représente un volume multiplié par 29,6 et une hausse d’environ 2 863 % sur la période. Mon avis est simple : tant que l’Europe ne sécurise pas sa propre production, elle restera dépendante des importations sur un marché pourtant promis à une forte montée en puissance.

Le vrai enjeu : extraire plus de valeur d’une même tonne d’algues

Le texte source évoque correctement l’extraction de protéines, mais il laisse de côté le point central : la compétitivité passera par la valorisation intégrale. Une tonne d’algues n’a de sens économique que si chaque fraction trouve un débouché. C’est précisément la logique suivie par les projets européens récents sur les algues, qu’il s’agisse de protéines alimentaires, d’additifs pour l’aquaculture, de biostimulants ou de biomatériaux.

Dans SeaFoodFuture, les espèces les plus prometteuses sont d’abord caractérisées selon leur teneur en protéines et en fibres. Viennent ensuite des prétraitements destinés à améliorer le rendement d’extraction et la qualité fonctionnelle des ingrédients. Ce point est décisif : une protéine d’algue ne se vend pas seulement sur sa teneur brute, mais sur sa capacité à mousser, épaissir, stabiliser ou structurer un aliment transformé. Une protéine nutritionnellement intéressante mais techniquement inutilisable reste un mauvais produit.

Cette approche rejoint d’autres programmes officiels. Selon CORDIS, le projet NOVAFOODIES prévoit de faire monter à un niveau TRL 6-7 des procédés durables de production de microalgues et macroalgues, avec 12 prototypes d’aliments fonctionnels et d’aquafeeds. Selon la Circular Bio-based Europe Joint Undertaking, le projet ALGANOVA développe lui aussi une bioraffinerie algale orientée protéines et ingrédients à haute valeur ajoutée. Autrement dit, SeaFoodFuture n’est pas une initiative isolée : il s’insère dans une stratégie européenne plus large de montée en gamme de la biomasse algale.

Des protéines, oui, mais sous contrainte réglementaire

L’autre angle absent de la source espagnole concerne la réglementation. En Europe, l’algue alimentaire ne peut pas être pensée sans la question du novel food. Selon l’EFSA et la Commission européenne, les aliments nouveaux incluent certaines sources à base d’algues, et leur mise sur le marché peut nécessiter une évaluation de sécurité et une autorisation au niveau de l’Union. Le catalogue européen du statut novel food sert ici de repère, mais il ne remplace pas une validation réglementaire complète lorsqu’une espèce, un extrait ou un procédé est nouveau.

Mon avis est tranché : la promesse nutritionnelle des algues ne suffira pas. Les projets qui iront vite seront ceux qui intégreront dès le départ l’acceptabilité réglementaire, les seuils de contaminants, la traçabilité et la preuve d’usage alimentaire. Sans cela, la filière restera coincée entre innovation scientifique et blocage commercial.

Ce cadre explique aussi pourquoi certaines espèces attirent davantage l’attention. Des genres comme Ulva, Pyropia ou Saccharina sont déjà mieux identifiés dans les chaînes de consommation et de transformation que des biomasses plus exotiques. Ce n’est pas un détail : en pratique, une espèce techniquement performante mais réglementairement floue perd beaucoup de valeur économique.

Le débouché emballage donne une seconde vie aux résidus

La partie la plus solide du projet reste sans doute l’utilisation des coproduits. Après extraction des fractions recherchées, les résidus riches en polysaccharides peuvent servir à produire des films, des matériaux thermoformés ou des coussinets d’aérogel pour l’emballage alimentaire. C’est un point fort, car il réduit le coût matière rapporté à chaque usage final.

Le texte d’origine mentionne cette piste, mais sans la replacer dans le contexte marché. Or, selon la Commission européenne, les applications des algues ne se limitent pas à l’alimentaire : elles couvrent aussi les aliments pour animaux, les fertilisants, les cosmétiques, les produits pharmaceutiques, les biomatériaux et les bioemballages. Cette diversification est essentielle. Une filière qui dépend d’un seul marché devient fragile. Une filière qui vend des ingrédients, des additifs et des matériaux résiste mieux.

Il faut aussi regarder le gain industriel potentiel. Si une bioraffinerie convertit une même biomasse en ingrédient alimentaire puis en matériau d’emballage, elle évite une partie de la destruction de valeur liée au rebut. Rapporté à l’objectif européen de 8 millions de tonnes de demande en 2030 selon la Commission européenne, même une valorisation secondaire de 10 % du volume représenterait 800 000 tonnes de matière redirigées vers des usages à plus forte valeur au lieu de finir en déchet ou en sous-produit peu rémunérateur. Ce dernier chiffre est une projection de volume dérivée à partir de l’objectif officiel, pas une donnée annoncée par le projet.

Le marché européen reste petit en production locale, malgré de fortes ambitions

Le contraste entre ambition politique et réalité industrielle reste net. Selon EUMOFA, les débarquements d’algues dans l’UE ont atteint 52 796 tonnes en 2023 pour une valeur de 3,7 millions d’euros. Cela donne une valeur moyenne d’environ 70 € par tonne débarquée. Dit autrement, l’amont primaire reste faiblement valorisé tant que la biomasse n’est pas transformée. C’est exactement pour cela que les projets de fractionnement et de transformation avancée deviennent stratégiques.

Selon EUMOFA, les importations extra-UE de seaweed et autres algues ont atteint 141 660 tonnes en 2023. En comparant ce chiffre aux 52 796 tonnes débarquées dans l’UE la même année, les importations représentent environ 2,68 fois le volume des débarquements européens. L’écart est brutal. Mon avis est clair : l’Europe parle beaucoup de souveraineté alimentaire, mais sur les algues elle reste encore très dépendante de l’extérieur.

Le contexte mondial confirme ce retard. Selon la FAO, la production mondiale d’algues a atteint 36,5 millions de tonnes en poids humide en 2022, pour une valeur estimée à 17 milliards de dollars, soit environ 14 906 000 000 € au taux de la BCE de 1 € = 1,1405 $ utilisé ici. Cela correspond à une valeur moyenne mondiale d’environ 466 $ par tonne, soit près de 409 € par tonne. Même avec les limites de comparaison entre production mondiale et débarquements européens, l’écart de valorisation montre une chose : l’Europe capte encore peu de valeur sur l’amont et doit monter dans la transformation pour combler son retard.

Porto-Muiños incarne le lien entre R&D et marché réel

La présence de Porto-Muiños dans le consortium n’est pas anecdotique. L’entreprise galicienne travaille depuis 1998 sur la récolte, la culture, la transformation et la commercialisation de macroalgues marines, selon la Commission européenne. Elle apporte un ancrage terrain qui manque souvent aux programmes de recherche. Ici, on ne parle pas seulement d’extraction en laboratoire, mais de matière première, de procédés et de débouchés qui doivent tenir face au marché.

Selon le site officiel de Porto-Muiños, l’entreprise commercialise déjà plusieurs algues alimentaires, dont du nori, preuve que la conversion de la biomasse en produit fini n’est pas théorique. Selon Foods and Wines from Spain, son équipe R&D a catalogué 600 espèces d’algues sur les côtes galiciennes. Ce chiffre ne signifie pas que toutes sont exploitables, mais il montre l’ampleur du réservoir biologique local.

Autre point utile : selon la Fundación Biodiversidad, Porto-Muiños récolte aussi des populations sauvages de wakamé, une algue potentiellement invasive venue d’Asie, ce qui contribue au contrôle de sa présence sur les côtes galiciennes. Voilà un cas d’usage concret que la source de départ ne donnait pas : la biomasse algale peut servir à la fois l’alimentation et la gestion écologique du littoral.

Les algues invasives et les microalgues ouvrent une voie crédible pour l’aquafeed

Le texte source cite des travaux espagnols sur l’amélioration des aliments pour poissons. L’idée est sérieuse, car l’aquaculture cherche depuis des années à réduire sa dépendance aux farines et huiles de poisson. Selon la Commission européenne, l’une des actions de l’initiative européenne sur les algues consiste justement à promouvoir le remplacement d’ingrédients halieutiques par des alternatives issues des algues.

Des travaux académiques espagnols apportent déjà des signaux concrets. Dans une étude publiée dans Foods, à laquelle a participé Jorge García-Márquez, une supplémentation par mélange de microalgues chez Sparus aurata a modifié favorablement certains profils d’acides gras et la microbiote intestinale. Dans une autre thèse universitaire référencée par l’Universidad de Cádiz, une inclusion alimentaire de 25 % de microalgues chez des juvéniles de daurade royale a entraîné une hausse significative du gain de poids, du taux de croissance spécifique et de l’efficacité alimentaire. Mon avis est net : sur le feed, les algues sont déjà plus proches du concret que sur une partie des promesses grand public autour des protéines alternatives.

Ce débouché mérite d’ailleurs une comparaison de potentiel. Si l’Europe vise un marché des algues de 9 milliards d’euros en 2030 selon la Commission européenne, et que les segments majeurs attendus incluent le feed, le food et les biostimulants, la compétition pour la biomasse sera forte. Les applications qui accepteront mieux des biomasses imparfaites visuellement, comme l’aquafeed ou certains extraits fonctionnels, pourraient se développer plus vite que l’aliment humain premium. C’est moins glamour, mais souvent plus rentable au démarrage.

Ce que la source espagnole ne disait pas encore

Premier angle nouveau : selon la Commission européenne, le nombre de produits contenant des algues en Europe a été multiplié par 2,5 entre 2011 et 2019. La demande n’est donc pas théorique ; elle existe déjà dans les lancements de produits.

Deuxième angle nouveau : selon EUMOFA, les débarquements européens restent faibles à 52 796 tonnes en 2023, ce qui confirme un décalage structurel entre ambitions industrielles et approvisionnement local.

Troisième angle nouveau : selon EUMOFA, les importations extra-UE atteignent 141 660 tonnes en 2023. L’Europe consomme plus qu’elle ne produit localement.

Quatrième angle nouveau : selon la FAO, la production mondiale d’algues a atteint 36,5 millions de tonnes en 2022 pour 17 milliards de dollars, soit environ 14 906 000 000 €. Le centre de gravité industriel reste mondialement bien plus avancé qu’en Europe.

Cinquième angle nouveau : selon l’EFSA et la Commission européenne, la voie réglementaire novel food reste un passage clé pour une partie des ingrédients algaux. Sans conformité, pas de décollage commercial durable.

Sixième angle nouveau : selon CORDIS et la CBE JU, plusieurs projets européens travaillent déjà sur les mêmes briques que SeaFoodFuture : protéines, bioprocédés, démonstrateurs, aquafeed et bioraffinerie. La concurrence ne vient pas seulement d’Asie, elle se joue aussi entre programmes européens capables de passer ou non à l’échelle.

Pour suivre la base réglementaire officielle sur le statut des algues et autres nouveaux aliments dans l’UE : https://food.ec.europa.eu/food-safety/novel-food/novel-food-status-catalogue_en?prefLang=fr

Mon avis :

Prometteuse sur le fond, la biomasse d’algues coche deux cases stratégiques : protéines alternatives et emballages biosourcés à partir des mêmes flux. Le point faible reste l’industrialisation : extraction, sécurité alimentaire, acceptation sensorielle et coût doivent encore prouver une viabilité à grande échelle avant tout verdict enthousiaste.

Albert Inconnu

Albert Inconnu

Albert Inconnu est rédacteur spécialisé dans le contenu éditorial de plare.fr. Expert en création d’articles informatifs et engageants, il apporte une approche claire et structurée sur les sujets traités par le site, en veillant à la précision et à l’accessibilité. Il se tient informé des tendances pertinentes pour offrir des conseils et des analyses utiles à la communauté francophone.

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