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Le PC portable modulaire qui devient manette, clavier ou panneau de contrôle rotatif

Dominique Bernard by Dominique Bernard
16 juin 2026
in Design
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Le PC portable modulaire qui devient manette, clavier ou panneau de contrôle rotatif
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CG Deck mise sur un écran IPS 5 pouces, jusqu’à 16 Go de RAM, une batterie de 10 500 mAh et plus de 30 modules pour transformer ce PC portable en console, clavier ou panneau à molettes. Conçu par Mogozen, ce concept open source veut casser les codes du handheld.

Le CG Deck casse le format figé du PC portable de jeu

Le marché du PC handheld avance vite, mais il tourne souvent autour du même schéma : un écran, deux sticks, une croix, des gâchettes, puis un usage centré presque uniquement sur le jeu. Le CG Deck, conçu par Mogozen, prend une autre direction. Ici, le châssis ne dicte pas un seul usage. Il accepte des modules d’entrée interchangeables pour transformer physiquement l’appareil selon le contexte : manette pour jouer, clavier 64 touches pour écrire, panneau à 11 molettes rotatives pour des tâches plus précises, plus un slot secondaire pour des accessoires comme une trackball, selon Mogozen.

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C’est la vraie différence face aux références installées. Un Steam Deck OLED ou un ROG Ally reste d’abord une machine pensée autour de contrôles fixes. Le CG Deck, lui, essaie de devenir une petite station de travail modulaire. L’idée est plus ambitieuse que la promesse gaming classique, et c’est précisément ce qui rend le produit intéressant.

Une architecture modulaire pensée pour plusieurs métiers d’usage

Selon Mogozen, le système repose sur deux familles d’emplacements : un slot principal pour les gros modules d’entrée, et un slot secondaire pour les accessoires complémentaires. Cette séparation paraît simple, mais elle change le positionnement du produit. On ne parle plus seulement d’un PC de poche avec quelques options. On parle d’une base matérielle qui peut évoluer selon la tâche.

Le constructeur annonce déjà plus de 30 modules en développement. Ce chiffre n’apparaissait pas souvent avec autant de clarté sur les handhelds concurrents, qui misent surtout sur des docks ou des périphériques externes. Ici, la personnalisation est intégrée à l’objet lui-même, pas reportée sur le bureau ou sur un hub USB.

Dans les faits, cela ouvre plusieurs cas d’usage concrets :

Jeu portable

Avec le module gamepad, le CG Deck revient vers un format connu. Il reste donc compatible avec l’attente de base du marché : lancer une bibliothèque PC en mobilité.

Saisie et administration

Avec un clavier 64 touches, l’appareil vise un public qui veut répondre à des messages, saisir des commandes, éditer du texte ou gérer des scripts sans brancher un clavier externe. C’est une approche plus crédible pour Linux nomade qu’un simple clavier Bluetooth transporté à part.

Création, réglages fins et contrôle logiciel

Le module à 11 molettes peut servir à piloter des raccourcis, du montage léger, du contrôle audio, de la colorimétrie ou des paramètres dans des logiciels créatifs. Sur ce point, le CG Deck tente quelque chose que ni Valve ni ASUS ne proposent nativement sur leurs machines.

Une fiche technique modeste, mais cohérente avec l’ambition du produit

Le CG Deck embarque un processeur Intel N150 avec jusqu’à 16 Go de LPDDR5, selon Mogozen. La puce mérite d’être replacée dans son contexte. D’après la fiche officielle Intel, le N150 est un processeur mobile lancé au premier trimestre 2025, gravé en Intel 7, avec 4 cœurs, 4 threads, un turbo à 3,6 GHz, 6 Mo de cache et une puissance de base de 6 W. Intel précise aussi une prise en charge mémoire jusqu’à 16 Go et une sortie vidéo jusqu’en 4K à 60 Hz via HDMI 2.1.

Autrement dit, la plateforme ne vise pas le haut de gamme graphique. Elle vise la sobriété, la polyvalence et un niveau de chauffe plus facile à gérer dans un format compact. C’est un choix logique. Vouloir rivaliser frontalement avec les APU AMD des handhelds gaming classiques aurait poussé la taille, la batterie et le refroidissement dans une autre direction.

L’écran intégré affiche 5 pouces, en IPS tactile, avec une définition de 1024 x 600 et une luminosité maximale de 1 000 nits, selon Mogozen. C’est un affichage nettement plus petit que celui des leaders du segment, mais il favorise l’encombrement réduit. En revanche, cette taille impose un compromis évident sur le confort visuel en jeu et en productivité longue durée.

Deux métriques dérivées permettent de mieux situer cet écran :
– sa surface d’affichage représente seulement 67,6 % de la diagonale d’un Steam Deck OLED 7,4 pouces, d’après les données officielles de Valve et le calcul 5 / 7,4 ;
– sa densité de luminosité rapportée à la diagonale atteint 200 nits par pouce diagonal, à partir des 1 000 nits annoncés sur 5 pouces. Cette métrique ne remplace pas une mesure de qualité d’écran, mais elle illustre l’effort mis sur la lisibilité malgré la compacité.

Face au Steam Deck OLED et au ROG Ally, le pari n’est pas la puissance brute

Le Steam Deck OLED officiel affiche un écran HDR OLED de 7,4 pouces en 1280 x 800, jusqu’à 90 Hz, du Wi‑Fi 6E et une batterie de 50 Wh pour 3 à 12 heures de jeu, selon Valve. Le ROG Ally officiel, dans sa version 2023 avec Ryzen Z1 Extreme, propose un écran 7 pouces en 1920 x 1080 à 120 Hz, 16 Go de LPDDR5‑6400, un SSD PCIe 4.0 de 512 Go, du Wi‑Fi 6E, du Bluetooth 5.4 et une batterie de 40 Wh, selon ASUS.

La comparaison chiffrée est claire :
– le CG Deck descend à 5 pouces, contre 7,4 pouces pour le Steam Deck OLED et 7 pouces pour le ROG Ally ;
– il reste sur 1024 x 600, là où les concurrents montent à 1280 x 800 ou 1920 x 1080 ;
– il utilise une puce basse consommation de 6 W de base, très loin de l’orientation gaming musclée des solutions AMD chez Valve et ASUS.

Mon avis est simple : comparer le CG Deck uniquement en FPS serait une erreur. Ce produit se juge d’abord sur sa modularité, sa réparabilité potentielle et sa capacité à couvrir plusieurs usages sans accessoire externe obligatoire.

Autonomie : un bloc batterie compact, mais pas ridicule

Selon Mogozen, la batterie repose sur trois cellules lithium 18650 pour un total de 10 500 mAh, avec une autonomie annoncée d’environ huit heures et une recharge en USB‑C. La source ne donne pas la tension globale du pack, mais une estimation courante à partir de cellules Li-ion de 3,7 V permet de calculer une capacité énergétique d’environ 38,85 Wh.

Cette métrique dérivée donne un ordre de grandeur utile :
– à 38,85 Wh estimés, le CG Deck se situe environ 22 % sous la batterie 50 Wh du Steam Deck OLED, selon Valve ;
– il reste environ 3 % sous la batterie 40 Wh du ROG Ally, selon ASUS.

Vu le processeur Intel N150 et la définition plus faible de l’écran, cette capacité n’a rien d’absurde. Au contraire, elle colle à une machine qui préfère l’endurance fonctionnelle à la performance graphique lourde.

Connectique : l’un des vrais points forts du projet

C’est sans doute la partie la plus convaincante du dossier. Selon Mogozen, le CG Deck intègre du Wi‑Fi 6E, du Bluetooth, un port Ethernet 1 GbE, deux ports USB‑A 3.0, un port USB‑C et un lecteur MicroSD. À cette taille, cette générosité sort du lot.

Le Steam Deck OLED, selon Valve, repose surtout sur un port USB‑C pour la sortie vidéo et les accessoires, avec extension microSD. Le ROG Ally, selon ASUS, combine un port USB‑C, un lecteur microSD et l’interface propriétaire ROG XG Mobile. Le CG Deck choisit une autre logique : plus de ports natifs directement dans le châssis. Pour un usage admin, dev, réseau ou atelier, c’est plus pratique qu’un système qui suppose presque toujours un dock.

Le port Ethernet intégré mérite d’être souligné. Sur un appareil de cette catégorie, il permet des usages rares en mobilité : transfert local stable, configuration réseau, dépannage, environnement LAN, ou borne de test légère. Ce n’est pas un détail marketing. C’est un vrai signal sur le public visé.

Stockage, LTE et extension PCIe : le projet parle aussi aux bidouilleurs

Selon Mogozen, l’intérieur reste extensible avec un emplacement M.2 compatible SSD NVMe en formats 2230 ou 2280 via PCIe 3.0, un slot pour connectivité 4G LTE avec NanoSIM et un port d’extension PCIe destiné à des ajouts plus musclés, y compris un branchement vers GPU externe. L’appareil repose sur une architecture x86 capable d’exécuter Windows 10, Windows 11 ou des distributions Linux, selon le constructeur.

Là encore, le positionnement diffère du marché dominant. Le stockage M.2 2280 n’est pas un détail. Beaucoup d’appareils compacts se limitent à des formats plus courts, souvent plus chers au gigaoctet ou moins souples à remplacer. Ici, le support du 2280 peut simplifier l’approvisionnement et réduire le coût d’évolution côté utilisateur, même si le prix final du produit reste non communiqué.

Le support annoncé d’un module LTE ajoute un usage concret absent de nombreux concurrents : travailler ou administrer une machine sans partage de connexion systématique depuis un smartphone. Pour un profil terrain, nomade ou maker, c’est cohérent.

Open source : la promesse la plus forte, mais aussi la plus exigeante

Le projet se distingue surtout par son orientation open source. Selon Mogozen, les schémas, firmwares et fichiers de conception doivent être publiés sur GitHub. Une campagne Kickstarter est en préparation, et une liste d’attente est déjà ouverte sur le site officiel.

C’est le point qui donne au CG Deck une vraie identité. Un handheld classique peut être performant, mais il reste fermé dans sa logique produit. Ici, la promesse est différente : permettre à la communauté de fabriquer, modifier, adapter et prolonger la machine. En 2026, c’est un angle encore rare sur un appareil x86 aussi compact.

Il faut néanmoins rester factuel. À ce stade, le prototype d’ingénierie fonctionne, mais le produit n’est pas encore diffusé à grande échelle, selon Mogozen. Le prix final, la date de lancement commercial, les SKU exacts, la disponibilité régionale et le niveau de support après vente restent non communiqués.

Ce que l’article d’origine ne disait pas assez

Plusieurs éléments nouveaux ressortent une fois le projet confronté aux sources officielles et aux concurrents directs.

D’abord, le processeur Intel N150 n’est pas une puce pensée pour battre les handhelds gaming premium. Selon Intel, sa base de 6 W confirme un choix d’efficacité plus que de puissance. Ensuite, la batterie estimée à 38,85 Wh replace mieux l’autonomie annoncée : le CG Deck n’embarque pas un bloc énorme, mais un ensemble cohérent avec sa plateforme. Enfin, la comparaison de taille d’écran montre à quel point l’objet est plus compact que les produits phares du marché.

Au fond, la meilleure lecture du CG Deck n’est pas “un concurrent de plus du Steam Deck”. C’est plutôt une tentative de créer un mini PC à contrôles physiques interchangeables, assez petit pour rester portable, assez ouvert pour être modifié, et assez polyvalent pour sortir du simple jeu. Ce n’est pas le choix le plus simple à industrialiser. C’est en revanche l’un des plus intéressants à suivre.

Fiche synthèse : ce qu’on sait, ce qui manque

– Processeur : Intel N150, 4 cœurs / 4 threads, turbo 3,6 GHz, TDP de base 6 W, selon Intel.
– Mémoire : jusqu’à 16 Go LPDDR5, selon Mogozen.
– Écran : 5 pouces IPS tactile, 1024 x 600, 1 000 nits, selon Mogozen.
– Batterie : 10 500 mAh, environ 8 heures annoncées, estimation énergétique d’environ 38,85 Wh.
– Connectique : Wi‑Fi 6E, Bluetooth, Ethernet 1 GbE, 2 x USB‑A 3.0, 1 x USB‑C, MicroSD, selon Mogozen.
– Extension : M.2 NVMe 2230/2280 en PCIe 3.0, LTE 4G avec NanoSIM, port PCIe d’extension, selon Mogozen.
– Systèmes : Windows 10, Windows 11, distributions Linux, selon Mogozen.
– Prix : non communiqué.
– Date de commercialisation : non communiquée.
– Lien d’autorité : https://mogozen.com/CGDeck

Repères de marché et conversions utiles

Le marché donne déjà deux repères solides. Le Steam Deck OLED officiel mise sur une batterie 50 Wh, un écran 7,4 pouces 90 Hz et une interface orientée manette, selon Valve. Le ROG Ally officiel pousse plus haut la définition et la fréquence d’affichage avec 7 pouces en 1080p 120 Hz, plus une puce AMD bien plus ambitieuse, selon ASUS. Le CG Deck ne suit pas cette escalade. Il tente plutôt une synthèse entre ultra-compacité, modularité physique et ouverture matérielle.

Côté conversion, le taux de référence de la Banque centrale européenne au 16 juin 2026 est de 1 € = 1,1607 $ US, soit environ 1 $ = 0,86 €. Aucun prix officiel du CG Deck n’étant communiqué à ce stade, aucune conversion en euro ne peut être appliquée honnêtement.

Mon avis :

Le CG Deck séduit par sa vraie modularité matérielle : passer d’un gamepad à un clavier 64 touches ou à un module à molettes, c’est un avantage concret. Mais l’Intel N150 et l’écran 5 pouces en 1024×600 le cantonnent clairement à la bureautique légère, pas au gaming exigeant.

Dominique Bernard

Dominique Bernard

Dominique Bernard est rédacteur(trice) spécialisé(e) dans le lifestyle français et les voyages en France. Sur plare.fr, il/elle partage des guides pratiques, des inspirations culturelles et des critiques de gastronomie locale pour aider les lecteurs à découvrir le patrimoine et le savoir-faire français. Son expertise inclut la rédaction d'articles accessibles et bien documentés qui allient conseils pratiques et découvertes authentiques.

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