Opera déploie deux nouveautés dans Opera One : des onglets verticaux optionnels et une intégration élargie de Google Lens. Le navigateur mise sur une navigation plus lisible et une recherche visuelle plus directe, avec import d’images, collage depuis le presse-papiers et URL.
Opera ajoute enfin des onglets verticaux à Opera One
Opera One reçoit deux nouveautés concrètes sur desktop : un affichage des onglets en colonne latérale et une intégration élargie de Google Lens. L’annonce date du 23 juillet 2026, via le blog officiel d’Opera. Le navigateur stable concerné est la version 133.0.5932.85, qui active aussi plusieurs correctifs liés aux onglets épinglés, au split screen et à la barre d’onglets. Selon Opera, l’objectif est simple : mieux gérer les sessions lourdes et rendre la recherche visuelle plus directe.
Le point le plus visible, c’est l’arrivée des onglets verticaux. Ce n’est pas une première sur le marché. Microsoft Edge, Firefox et Vivaldi proposent déjà des approches proches. Mais pour Opera, ce rattrapage compte, car le navigateur pousse depuis 2023 une logique de productivité autour de Tab Islands, du split screen et de son assistant Aria. Sans vue verticale, cette boîte à outils restait incomplète.
Comment fonctionnent les onglets verticaux dans Opera One
Le principe est classique : la barre horizontale en haut de la fenêtre disparaît au profit d’un panneau latéral redimensionnable. Les onglets s’empilent verticalement. Selon Opera, l’utilisateur peut voir le favicon et, surtout, le titre complet de chaque page. C’est plus lisible dès qu’on dépasse une dizaine d’onglets ouverts. Le navigateur permet aussi de basculer vers un affichage réduit, en icônes seules, pour libérer davantage de place au contenu web.
Opera ajoute un détail utile que la source initiale ne précisait pas : les onglets épinglés s’affichent désormais en grille en haut de la colonne latérale, et non plus dans une simple ligne compacte. C’est plus cohérent pour les usages quotidiens de type mail, messagerie, agenda ou documentation interne. Autre point confirmé par l’éditeur : une future fonction doit afficher les onglets récemment visités directement dans cette colonne. Ce n’est donc pas encore disponible à ce stade, mais la piste est annoncée.
Activation : trois chemins existent. Le plus rapide passe par un clic droit sur un onglet puis l’option “Use vertical tab strip”. On peut aussi activer la fonction via le panneau “Easy Setup” en haut à droite, dans la section Layout. Enfin, le chemin complet reste disponible dans les réglages : Paramètres > Navigateur > Onglets. Mon avis est net : proposer trois portes d’entrée pour une même fonction est une bonne décision, parce que la plupart des utilisateurs ne fouillent jamais les paramètres avancés.
Pourquoi cette mise à jour compte vraiment
Les onglets verticaux ne sont pas un gadget esthétique. Ils répondent à une limite structurelle des écrans larges. Sur un moniteur 16:9 ou 16:10, l’espace horizontal est vite saturé par 15, 20 ou 30 onglets. À l’inverse, la hauteur disponible se prête mieux à une pile latérale. Selon Firefox, ses onglets verticaux affichent les onglets ouverts et épinglés dans la barre latérale plutôt qu’en haut du navigateur. Vivaldi défend le même argument : en affichage vertical, le nom des onglets reste lisible, même avec un grand nombre d’onglets ouverts.
On peut en tirer une première métrique simple. Sur un écran 16:9 en 1920 x 1080, la largeur représente environ 1,78 fois la hauteur. Dit autrement, la hauteur utile de 1080 pixels équivaut à 56,25 % de la largeur de 1920 pixels. Cela ne prouve pas qu’une colonne latérale est toujours meilleure, mais cela explique pourquoi une liste verticale garde plus longtemps des intitulés lisibles qu’une rangée horizontale qui compresse tout. Cette logique favorise les profils qui travaillent avec beaucoup d’onglets documentaires, pas seulement les “power users”.
Deuxième métrique dérivée : selon StatCounter, Opera pesait 1,81 % du marché mondial des navigateurs desktop en juin 2026, contre 72,24 % pour Chrome, 10,45 % pour Edge, 6,31 % pour Firefox et 5,18 % pour Safari. L’écart entre Chrome et Opera atteint donc 70,43 points. En ratio, Chrome pèse environ 39,9 fois la part desktop d’Opera. Ce contexte change la lecture de la mise à jour : Opera ne lance pas une nouvelle norme, il réduit un retard fonctionnel face aux gros acteurs.
Une réponse tardive, mais logique face à la concurrence
Microsoft Edge propose déjà des onglets verticaux comme outil d’organisation et de gain d’espace. Firefox a officialisé cette présentation dans ses notes de version 136.0, avec activation possible par clic droit sur la barre d’outils ou via la personnalisation de la barre latérale. Vivaldi, de son côté, va plus loin : onglets verticaux à gauche ou à droite, piles d’onglets à deux niveaux, vue en mosaïque de plusieurs pages et hibernation des onglets.
C’est là que la mise à jour d’Opera One devient intéressante. Le navigateur ne part pas de zéro. Il dispose déjà de Tab Islands, une fonction lancée avec Opera One en 2023 pour regrouper automatiquement ou manuellement des ensembles d’onglets. Il embarque aussi le split screen et des commandes d’onglets via Aria. L’ajout de la vue verticale renforce donc un socle existant. Mon avis est clair : seul, ce nouveau panneau latéral n’impressionne pas ; combiné à Tab Islands, il devient enfin cohérent.
Google Lens gagne surtout en accessibilité
La deuxième nouveauté concerne Google Lens. La source d’origine disait l’essentiel, mais pas tout. L’intégration n’est pas nouvelle chez Opera ; elle existait déjà. Ce qui change ici, c’est le point d’entrée et la variété des méthodes d’import. Désormais, l’icône Google Lens apparaît directement dans la barre de recherche de la page d’accueil d’Opera One. L’utilisateur peut lancer une recherche visuelle sans ouvrir un service externe ni passer par un menu secondaire.
Selon Opera, quatre méthodes sont prises en charge dans la boîte de dialogue : téléverser un fichier local, glisser-déposer une image, coller une image depuis le presse-papiers ou entrer l’URL d’une image. Les résultats s’affichent ensuite dans l’onglet courant. Cette précision compte, car elle transforme Lens en outil de flux de travail et non plus en simple raccourci. Selon l’aide officielle de Google, la recherche par image sur ordinateur prend déjà en charge l’envoi d’un fichier. Opera va plus loin dans l’ergonomie en ramenant ces actions au niveau de sa propre interface.
Cas d’usage concrets : à qui servent vraiment ces deux ajouts
Premier cas : la veille produit. Un journaliste, un acheteur ou un analyste ouvre 25 fiches, communiqués et tests. Avec une barre horizontale, les titres disparaissent vite. Avec une colonne latérale, on repère plus vite les onglets “tarifs”, “documentation”, “benchmark” ou “changelog”. Si les onglets épinglés restent groupés en grille en haut, les outils quotidiens ne se mélangent plus au reste.
Deuxième cas : le e-commerce ou la recherche visuelle. Un utilisateur copie une capture d’écran d’un accessoire, d’un meuble ou d’un appareil vu sur un réseau social. Dans Opera One, il peut coller l’image directement dans Google Lens depuis la page d’accueil. Il évite au moins une étape intermédiaire par rapport à un parcours classique qui impose d’ouvrir Google, puis d’aller sur la recherche par image. On peut donc dériver une troisième métrique d’usage : l’opération passe de deux interfaces séparées à une seule interface intégrée au navigateur. Ce n’est pas un gain en secondes mesuré par Opera, donc non communiqué, mais c’est bien une réduction d’étapes.
Troisième cas : le travail en double écran ou en split screen. Opera mentionne des correctifs liés au split screen dans la version stable 133.0.5932.85. Cela suggère que l’arrivée des onglets verticaux n’est pas isolée. Sur une session de comparaison de documents, la logique devient plus propre : documents côte à côte au centre, groupe d’onglets à gauche, onglets épinglés en haut. Ici, l’éditeur améliore la structure plus que la vitesse brute.
Le contexte marché : Opera avance sur un segment étroit
Selon StatCounter, en juin 2026 sur desktop, Chrome domine avec 72,24 % de part de marché mondiale. Edge suit à 10,45 %, Firefox à 6,31 %, Safari à 5,18 % et Opera à 1,81 %. Une quatrième métrique dérivée éclaire mieux la hiérarchie : les quatre leaders devant Opera cumulent 94,18 % du marché desktop mondial. Il reste donc à Opera une fenêtre de différenciation très étroite.
Dans ce contexte, copier les standards utiles de la concurrence n’a rien d’un aveu de faiblesse. C’est une condition minimale pour exister dans les comparatifs. Un navigateur à 1,81 % de part de marché ne peut plus se permettre d’ignorer une fonction déjà normalisée chez ses rivaux directs. Surtout quand cette fonction s’aligne parfaitement avec l’ADN produit mis en avant par Opera depuis 2023 : IA native, modularité, gestion visuelle des sessions et productivité multitâche.
Ce que la source initiale ne disait pas
Le texte de départ allait à l’essentiel. Il manquait pourtant plusieurs éléments utiles :
1. La version concernée
La mise à jour est aussi rattachée à Opera 133.0.5932.85 en canal stable. Ce détail permet de savoir que la fonction n’est pas cantonnée à une build de test.
2. Les trois méthodes d’activation
Le billet d’origine mentionnait surtout le chemin via les réglages. Le blog officiel d’Opera confirme deux autres accès plus rapides : clic droit sur un onglet et panneau “Easy Setup”.
3. Le traitement des onglets épinglés
Opera précise que les onglets épinglés passent en grille en haut de la colonne. C’est une info de design produit utile pour les usages intensifs.
4. Le futur affichage des onglets récents
Opera dit travailler à l’intégration des onglets récemment visités dans cette vue verticale. La fonction est donc encore non communiquée sur date de disponibilité.
5. Le contexte concurrentiel
Firefox et Vivaldi ont déjà industrialisé ce type d’interface. Opera rejoint un club existant, il ne l’ouvre pas.
6. Le contexte marché chiffré
Avec 1,81 % du marché desktop mondial selon StatCounter, Opera joue sur des gains de préférence, pas sur un basculement de masse.
Un mot sur les prix et le taux de change
Aucun prix n’est communiqué par Opera pour cette mise à jour, ni dans la source initiale ni dans les sources officielles consultées. Le navigateur reste distribué sans prix d’achat mis en avant pour cette fonction. Taux de change relevé pour la consigne : selon la Banque centrale européenne, le taux de référence du 23 juillet 2026 est de 1 EUR = 1,1456 USD, soit environ 1 USD = 0,87 €. Aucun montant en dollars n’étant associé à cette annonce, aucune conversion en euro ne s’applique ici.
Verdict section par section : utile, mais pas encore distinctif
Sur les onglets verticaux, Opera fait ce qu’il devait faire depuis un moment. La fonction est attendue, proprement intégrée et mieux pensée qu’un simple clone grâce à la grille d’onglets épinglés et à l’articulation possible avec Tab Islands. Sur Google Lens, l’éditeur n’ajoute pas une technologie exclusive, mais il réduit la friction d’accès. C’est moins spectaculaire, mais plus concret au quotidien.
Le vrai sujet n’est donc pas l’innovation brute. Le vrai sujet, c’est l’assemblage. Si vous utilisez déjà Opera One pour ses groupes d’onglets, son split screen et ses fonctions IA, cette mise à jour rend l’ensemble plus mature. Si vous cherchez une rupture face à Edge, Firefox ou Vivaldi, elle ne suffit pas à elle seule.
Source officielle : https://blogs.opera.com/desktop/2026/07/vertical-tabs-upgraded-google-lens/
Mon avis :
Opera One progresse utilement : les onglets verticaux répondent enfin à un vrai besoin de lisibilité pour ceux qui jonglent avec beaucoup d’onglets, surtout grâce à l’affichage complet des titres. Ma réserve est plus nette sur Google Lens : l’intégration est pratique, mais elle duplique surtout des fonctions déjà banales ailleurs.




