En Asturies, plus de 1 309 animaux sauvages ont été analysés et plus de 3 500 tests réalisés pour surveiller les risques sanitaires. Le dispositif confirme l’absence de peste porcine africaine, détecte six cas de grippe aviaire H5N1 et renforce le contrôle de la tuberculose dans la faune locale.
Asturies muscle sa surveillance sanitaire de la faune sauvage
En 2025, le Principat des Asturies a franchi un cap dans le suivi sanitaire de la faune sauvage. Selon le rapport officiel du programme régional de vigilance, 1 309 animaux ont été analysés et plus de 3 500 déterminations analytiques ont été réalisées. Le ratio dépasse donc 2,67 analyses par animal, un niveau qui montre une approche structurée et non un simple contrôle ponctuel. Selon le même document, la répartition par grands groupes place très loin devant les suidés, avec 912 spécimens, devant les oiseaux (147), les herbivores (124), les mustélidés (100) et les carnivores (26). ([medioambiente.asturias.es](https://medioambiente.asturias.es/documents/646140/0/informe%2Bvigilancia%2Bfauna%2Bsilvestre%2B2025.pdf/678ed493-6530-a847-1fcc-885e4d33cc07))
Ce détail change la lecture du dossier. On ne parle pas seulement de biodiversité au sens large, mais d’un programme piloté par le risque. Les suidés représentent à eux seuls 69,7 % des animaux suivis. Ce choix est cohérent : le sanglier concentre une part majeure des enjeux sanitaires régionaux, à la fois pour la tuberculose et pour la prévention des maladies porcines émergentes. ([medioambiente.asturias.es](https://medioambiente.asturias.es/documents/646140/0/informe%2Bvigilancia%2Bfauna%2Bsilvestre%2B2025.pdf/678ed493-6530-a847-1fcc-885e4d33cc07))
Le rapport asturien s’inscrit en plus dans une logique One Health très claire. Selon le document régional, la surveillance vise à la fois la santé publique, la santé animale, la conservation de la faune et la gestion cynégétique. Le terrain alimente les prélèvements, puis les échantillons sont orientés vers le LSAPA de Jove-Gijón pour les analyses sanitaires, tandis que la collecte des carcasses et animaux suspects mobilise aussi le centre de récupération de Sobrescobio. Mon avis est simple : ce maillage opérationnel vaut autant que les résultats eux-mêmes, car sans chaîne logistique fiable, les chiffres n’ont pas de valeur épidémiologique. ([medioambiente.asturias.es](https://medioambiente.asturias.es/documents/646140/0/informe%2Bvigilancia%2Bfauna%2Bsilvestre%2B2025.pdf/678ed493-6530-a847-1fcc-885e4d33cc07))
Le sanglier reste la pièce maîtresse du dispositif
Le programme 2025 confirme que le sanglier est l’espèce pivot du suivi asturien. Selon le rapport officiel, l’échantillonnage général a été conçu pour estimer au mieux la prévalence de la tuberculose. L’administration a retenu une population de référence de 12 000 individus, sur la base de 12 039 captures lors de la saison précédente, avec un niveau de confiance de 95 % et une marge d’erreur de 3 %. On est donc face à un plan de surveillance construit sur des paramètres statistiques explicites, ce qui manque souvent dans les articles de reprise. ([medioambiente.asturias.es](https://medioambiente.asturias.es/documents/646140/0/informe%2Bvigilancia%2Bfauna%2Bsilvestre%2B2025.pdf/678ed493-6530-a847-1fcc-885e4d33cc07))
Cette précision est importante, car elle évite d’interpréter à tort les chiffres comme une simple accumulation de prélèvements opportunistes. Ici, les Asturies combinent deux briques : surveillance active sur animaux chassés et surveillance passive sur animaux trouvés morts, malades ou blessés. Selon le rapport régional, cette seconde composante est jugée particulièrement utile pour détecter tôt des événements sanitaires d’intérêt, justement parce qu’elle cible les cas les plus suspects. C’est un point fort du modèle asturien. Une région qui attend uniquement les campagnes cynégétiques voit forcément trop tard une partie des signaux faibles. ([medioambiente.asturias.es](https://medioambiente.asturias.es/documents/646140/0/informe%2Bvigilancia%2Bfauna%2Bsilvestre%2B2025.pdf/678ed493-6530-a847-1fcc-885e4d33cc07))
Aucune peste porcine africaine détectée, malgré une pression européenne en hausse
Le message le plus rassurant pour la filière porcine reste l’absence de détection de peste porcine africaine et de peste porcine classique dans la faune suivie en Asturies, comme l’indique le rapport 2025 du Principat. Cet indicateur local a d’autant plus de poids que le contexte européen s’est dégradé. Selon l’EFSA, les foyers de peste porcine africaine ont augmenté en 2025 de 76 % chez les porcs domestiques et de 44 % chez les sangliers dans l’Union européenne par rapport à 2024. Selon le rapport épidémiologique 2025 de l’agence, le nombre d’États membres touchés est même passé de 13 à 14 après la détection du virus chez le sanglier en Espagne. ([medioambiente.asturias.es](https://medioambiente.asturias.es/documents/646140/0/informe%2Bvigilancia%2Bfauna%2Bsilvestre%2B2025.pdf/678ed493-6530-a847-1fcc-885e4d33cc07))
Autrement dit, l’absence de cas en Asturies n’a rien d’anodin. Elle reflète un territoire encore protégé, mais entouré par une dynamique continentale plus tendue. C’est exactement dans ce type de situation que la surveillance vaut plus que la communication. Selon la Commission européenne, les mesures de contrôle de la peste porcine africaine sont encadrées par le règlement d’exécution (UE) 2023/594, preuve que le sujet reste une priorité sanitaire de premier rang à l’échelle communautaire. ([food.ec.europa.eu](https://food.ec.europa.eu/animals/animal-diseases/diseases-and-control-measures/african-swine-fever_en?utm_source=openai))
Grippe aviaire H5N1 : six cas confirmés, avec une cartographie plus précise que la source initiale
Le suivi des oiseaux apporte l’autre signal fort de l’année. Selon le rapport officiel des Asturies, sept oiseaux ont d’abord été considérés comme positifs dans les analyses régionales, mais six cas ont finalement été confirmés officiellement comme influenza aviaire hautement pathogène H5N1 après validation par le Laboratoire central vétérinaire d’Algete relevant du MAPA. Le taux de confirmation atteint donc 85,7 %. ([medioambiente.asturias.es](https://medioambiente.asturias.es/documents/646140/0/informe%2Bvigilancia%2Bfauna%2Bsilvestre%2B2025.pdf/678ed493-6530-a847-1fcc-885e4d33cc07))
Le détail géographique affine nettement la compréhension du dossier. Selon le rapport régional, les cas concernent Ribadesella, Gijón et Valdés, avec un albatros à Ribadesella, plusieurs oies domestiques et un cygne blanc à Gijón, ainsi que deux canards créoles à Valdés. Le document précise aussi que, sauf le cas du colvert, les autres oiseaux provenaient de cadavres récupérés en milieu urbain, notamment dans le parc Isabel la Católica à Gijón et sur la rive du río Negro à Luarca. Ce niveau de détail manquait dans la source de départ et change le regard : la surveillance ne se limite pas aux zones naturelles éloignées, elle touche aussi des espaces fréquentés. ([medioambiente.asturias.es](https://medioambiente.asturias.es/documents/646140/0/informe%2Bvigilancia%2Bfauna%2Bsilvestre%2B2025.pdf/678ed493-6530-a847-1fcc-885e4d33cc07))
Selon le MAPA, l’Espagne applique un programme national de surveillance de l’influenza aviaire fondé sur le risque, avec une composante principalement passive dans la faune sauvage. Le site officiel rappelle aussi que plusieurs communes asturiennes, dont Gijón et Ribadesella, figurent parmi les zones de vigilance spéciale. Là encore, le cas asturien n’est pas isolé : il s’insère dans un cadre national de veille renforcée. Mon avis est clair : la rapidité de remontée et de confirmation compte davantage que le nombre brut de cas, car elle conditionne les mesures autour des élevages et des points d’eau. ([servicio.mapa.gob.es](https://servicio.mapa.gob.es/es/ganaderia/temas/sanidad-animal-higiene-ganadera/sanidad-animal/enfermedades/influenza-aviar/influenza_aviar))
Tuberculose : une baisse nette chez les sangliers, mais des foyers locaux persistent
Sur la tuberculose, les Asturies conservent leur statut de région officiellement indemne de tuberculose bovine, tout en renforçant la surveillance sur les espèces réservoirs. Selon la communication officielle du gouvernement asturien publiée au printemps 2026, les actions se sont concentrées notamment sur des zones à forte incidence comme Tineo. La note précise aussi que Salas a enregistré trois foyers en 2025 et une prévalence municipale de 1,05 %, ce qui a conduit à la suppression prévue en 2026 du protocole de flexibilisation dans cette commune. ([actualidad.asturias.es](https://actualidad.asturias.es/-/sanidad-ganaderia204))
Le chiffre régional clé côté faune est la séroprévalence observée chez les sangliers. Selon le rapport 2025, elle tombe à 1,85 % après 4,74 % en 2024, contre 1,80 % en 2023 et 0,78 % en 2022. La baisse 2025 versus 2024 atteint donc environ 61 %. C’est un recul massif, et il faut le dire comme tel. ([medioambiente.asturias.es](https://medioambiente.asturias.es/documents/646140/0/informe%2Bvigilancia%2Bfauna%2Bsilvestre%2B2025.pdf/678ed493-6530-a847-1fcc-885e4d33cc07))
Cette amélioration ne doit pourtant pas masquer les zones rouges. Selon le rapport régional, la surveillance intensifiée dans les secteurs suspects a porté sur 578 sangliers. Des prélèvements de ganglions ont été réalisés sur 561 d’entre eux, et 17 résultats positifs en microbiologie ont été relevés, répartis entre Tineo (12), Caso (1) et Parres (4). En parallèle, 447 sérums ont été envoyés au laboratoire, avec une séroprévalence de 4,85 % dans ces zones de vigilance renforcée, soit 2,62 fois le niveau observé pour l’ensemble de la région. Voilà l’un des enseignements les plus utiles du dossier : la moyenne régionale baisse, mais les points chauds restent très actifs. ([medioambiente.asturias.es](https://medioambiente.asturias.es/documents/646140/0/informe%2Bvigilancia%2Bfauna%2Bsilvestre%2B2025.pdf/678ed493-6530-a847-1fcc-885e4d33cc07))
Les blaireaux confirment le rôle des réservoirs sauvages
Le suivi des blaireaux ajoute une couche de complexité. Selon le rapport officiel, quatre blaireaux positifs ont été détectés en 2025, tous dans la commune de Tineo. Le taux de positivité microbiologique de l’espèce atteint 5,9 %. Le document précise aussi que, dans les deux cas où l’isolement de Mycobacterium bovis a été possible, le spoligotype identifié était SB0130, déjà retrouvé dans les bovins positifs de la zone. C’est un apport capital, car il relie concrètement la faune et l’élevage sur une même base microbiologique. ([medioambiente.asturias.es](https://medioambiente.asturias.es/documents/646140/0/informe%2Bvigilancia%2Bfauna%2Bsilvestre%2B2025.pdf/678ed493-6530-a847-1fcc-885e4d33cc07))
Le rapport va plus loin avec un volet d’ADN environnemental. Selon le document, 23 échantillons ont été testés sans détection du complexe Mycobacterium tuberculosis, mais avec présence généralisée de mycobactéries environnementales ou de Mycobacterium avium. Ce résultat ne signe pas un échec. Il montre plutôt que l’outil est encore un complément d’enquête et pas un substitut aux prélèvements biologiques classiques. Sur ce point, la prudence des Asturies est bienvenue. ([medioambiente.asturias.es](https://medioambiente.asturias.es/documents/646140/0/informe%2Bvigilancia%2Bfauna%2Bsilvestre%2B2025.pdf/678ed493-6530-a847-1fcc-885e4d33cc07))
Le programme gagne en valeur quand on regarde ses méthodes, pas seulement ses résultats
La force du dispositif asturien tient aussi à sa méthode. Selon le rapport 2025, les prélèvements proviennent des agents du milieu naturel, des gardes de chasse, des chasseurs, des services vétérinaires et du centre de récupération de la faune sauvage. Les necropsies sur animaux non cynégétiques, les animaux morts accidentellement, les interactions avec lignes électriques ou éoliennes et les signalements des particuliers entrent également dans la chaîne de surveillance. Cette architecture produit une lecture beaucoup plus large que la simple police sanitaire du bétail. ([medioambiente.asturias.es](https://medioambiente.asturias.es/documents/646140/0/informe%2Bvigilancia%2Bfauna%2Bsilvestre%2B2025.pdf/678ed493-6530-a847-1fcc-885e4d33cc07))
Autre élément nouveau : selon le rapport officiel, les oiseaux ont été fortement analysés après une mortalité massive de païños boréaux à la fin janvier et au début février 2025, avec 33 spécimens étudiés pour cette seule espèce. Ce cas d’usage concret montre que le programme sait réallouer ses moyens quand un événement inhabituel survient. C’est exactement ce qu’on attend d’une surveillance moderne : de la routine, mais aussi une capacité de montée en charge. ([medioambiente.asturias.es](https://medioambiente.asturias.es/documents/646140/0/informe%2Bvigilancia%2Bfauna%2Bsilvestre%2B2025.pdf/678ed493-6530-a847-1fcc-885e4d33cc07))
Un modèle régional utile, mais qui reste sous pression sanitaire européenne
Les Asturies présentent aujourd’hui un profil paradoxal. D’un côté, les indicateurs régionaux sont plutôt favorables : aucune peste porcine africaine détectée, six cas H5N1 circonscrits, et une baisse marquée de la séroprévalence tuberculeuse chez le sanglier à l’échelle régionale. De l’autre, le contexte extérieur pousse à ne pas relâcher l’effort. Selon l’EFSA, l’année 2025 a été marquée par une hausse nette de la peste porcine africaine dans l’Union, y compris chez le sanglier. Selon le MAPA, l’influenza aviaire continue de faire l’objet de mises à jour épidémiologiques régulières en Espagne et en Europe. Les Asturies ne sont donc pas en fin de parcours, mais au milieu d’un cycle de vigilance durable. ([efsa.europa.eu](https://www.efsa.europa.eu/en/news/african-swine-fever-outbreaks-increase-pigs-and-wild-boar-across-eu?utm_source=openai))
Ce qui distingue le programme asturien, c’est sa densité opérationnelle et sa capacité à produire des indicateurs exploitables. Plus de 3 500 analyses pour 1 309 animaux, des priorités statistiques affichées, une validation externe pour les cas H5N1 et un suivi différencié par espèce et par territoire : sur le fond, c’est bien plus solide qu’un simple bilan administratif. Pour consulter la source d’autorité, le rapport officiel du programme 2025 est disponible sur le portail du Principat des Asturies : rapport de surveillance sanitaire de la faune sauvage 2025. ([medioambiente.asturias.es](https://medioambiente.asturias.es/documents/646140/0/informe%2Bvigilancia%2Bfauna%2Bsilvestre%2B2025.pdf/678ed493-6530-a847-1fcc-885e4d33cc07))
Mon avis :
Dispositif crédible et bien piloté : 1 309 animaux analysés et plus de 3 500 tests donnent une base solide, avec zéro détection de peste porcine africaine et une baisse de la positivité tuberculeuse du sanglier à 1,85 %. Limite réelle : six cas de H5N1 montrent qu’Asturies reste exposée et dépend d’une vigilance continue.





