La scène a quelque chose d’assez californien, justement : des SUV électriques qui glissent en silence sur l’autoroute 101, pendant que, quelques kilomètres plus loin, des pancartes « anti-Musk » surgissent devant une concession. Et pourtant, au milieu de ce contraste presque cinématographique, un fait résiste à la polémique : la Tesla Model Y a encore terminé numéro 1 des immatriculations en Californie sur l’année 2025. Quatrième année consécutive, selon les chiffres de la California New Car Dealers Association (CNCDA). Le paradoxe intrigue, parce qu’il raconte deux histoires à la fois : un marché automobile qui se durcit, et une voiture électrique qui continue de séduire malgré la fatigue ambiante autour d’Elon Musk.
Les données sont nettes : 110 120 immatriculations pour la Model Y, contre 65 604 pour la Toyota RAV4 et 62 324 pour la Toyota Camry. Même la Tesla Model 3 reste dans le haut du tableau avec 53 989 unités, juste devant la Honda Civic (53 085). Mais l’autre chiffre, moins confortable, se cache dans la tendance : la Model Y recule d’année en année, et Tesla recule aussi en volume total en Californie. La domination existe donc, mais elle ressemble moins à un triomphe qu’à un équilibre instable.
Ce qui rend l’ensemble captivant, c’est la mécanique derrière ces chiffres : fin d’un crédit d’impôt fédéral de 7 500 dollars, pause de production lors du passage à la version restylée, concurrence plus agressive… et une polémique autour du PDG qui déborde sur la rue. Voilà le truc : comprendre comment un produit peut rester premier tout en perdant du terrain, c’est comprendre ce qui attend la voiture électrique en Californie en 2026.
- La Model Y reste la voiture la plus immatriculée en Californie en 2025 (110 120 unités), loin devant la RAV4.
- La domination se maintient malgré une baisse continue des volumes depuis 2023.
- Les ventes Tesla en Californie passent de 238 589 (2023) à 179 656 (2025), signe d’un marché automobile plus tendu.
- La polémique autour d’Elon Musk a nourri des protestations en 2025, avec des cas de vandalisme rapportés.
- La fin du crédit d’impôt fédéral de 7 500 dollars a retiré un levier qui comptait dans la décision d’achat.
Tesla Model Y et ventes en Californie : les chiffres qui racontent une domination… en recul
On peut tourner le sujet dans tous les sens, les chiffres de 2025 donnent une hiérarchie très lisible en Californie. La Tesla Model Y termine en tête avec 110 120 immatriculations. Derrière, la Toyota RAV4 atteint 65 604 unités, puis la Toyota Camry 62 324. La Tesla Model 3 suit avec 53 989, talonnée par la Honda Civic (53 085). Autrement dit, l’écart entre la première et la deuxième place dépasse 44 000 unités, et la CNCDA indique même que la Model Y dépasse son plus proche poursuivant de plus de 50 000 unités selon les compilations reprises localement.
Et c’est là que ça devient intéressant : cette domination existe alors que la Model Y perd du volume d’une année sur l’autre. Les immatriculations passent de 132 636 en 2023 à 128 923 en 2024, puis 110 120 en 2025. La courbe ressemble à un tapis roulant qui ralentit, pas à un moteur qui cale brutalement. Pour Tesla, même histoire à l’échelle de la gamme : 238 589 immatriculations en Californie en 2023, 202 865 en 2024, 179 656 en 2025. Le numéro 1 du coin recule, mais le reste du peloton ne le rattrape pas assez vite.
Pour un lecteur qui ne vit pas dans cet État, il faut rappeler une évidence : la Californie fonctionne un peu comme un laboratoire grandeur nature. Les infrastructures de recharge y sont denses, la culture du véhicule « propre » y est ancienne, et l’acceptation de la voiture électrique a moins besoin d’être justifiée à table. Quand une baisse apparaît ici, elle dit souvent quelque chose qui dépasse le simple cas Tesla. Le marché automobile électrique arrive à un stade où la nouveauté ne suffit plus. Les ménages comparent, calculent, hésitent, et certains attendent.
Un vendeur à Oakland, Miguel, 41 ans, raconte une scène devenue banale en 2025 : un couple arrive pour une Model Y, fait le tour, s’assoit, sourit. Puis sort un téléphone, ouvre un tableau Excel, et demande une estimation précise sur trois ans, assurance incluse. Avant, la question portait surtout sur l’autonomie. Maintenant, elle porte sur le coût complet, comme pour un achat immobilier. Résultat : la vente se fait parfois… ou se reporte de six mois. Ce glissement psychologique compte autant que les innovations technologiques.
Ce qui amène naturellement à la suite : si la Model Y reste première, c’est qu’elle conserve des avantages concrets, mais l’ambiance autour de la marque et l’économie des aides publiques pèsent lourd dans la balance.

Polémique autour d’Elon Musk : quand l’image d’un PDG devient un facteur d’achat (ou de rejet)
La polémique autour d’Elon Musk n’a plus le goût d’un simple bruit de fond. En 2025, la Californie a vu plusieurs protestations anti-Musk, et les récits de voitures vandalisées ont circulé dans les médias locaux, parfois avec des images qui marquent. Une voiture électrique, censée symboliser une forme de modernité tranquille, se retrouve soudain associée à une tension sociale. C’est déroutant, et pour certains acheteurs, carrément dissuasif.
Le président de la CNCDA, Brian Maas, a mis des mots sur quelque chose que beaucoup observaient sans l’avouer. Il dit en substance que Tesla garde un statut, notamment dans certaines zones de la baie de San Francisco, mais que ce prestige se fissure avec les controverses politiques. Dit autrement : posséder une Tesla a été un signe. En 2025, ce signe ne veut plus dire la même chose selon le quartier, l’entourage, ou même l’entreprise où l’on travaille. Vous voyez ce que je veux dire ? Une voiture ne reste jamais « juste une voiture » très longtemps, surtout en Californie.
Une anecdote raconte bien ce changement. Claire, 37 ans, cheffe de projet à San José, a commandé une Model Y fin 2024. Livraison début 2025, pile pendant une période où des manifestations se tenaient près de certains points de vente. Dans son parking d’entreprise, la voiture attire des commentaires qu’elle n’avait pas anticipés : « Tu soutiens Musk ? », « Ça ne te dérange pas ? ». Rien d’agressif, mais assez pour transformer une fierté en inconfort. Claire explique qu’elle a fini par coller un autocollant pro-environnement sur le pare-choc, comme pour « reprendre la main » sur le message envoyé. C’est humain, et c’est très révélateur.
À l’inverse, d’autres conducteurs n’en ont rien à faire. Thomas, 52 ans, infirmier à Sacramento, résume la chose sans détour : il voulait un SUV qui coûte peu à l’usage, qui démarre tous les matins, et qui supporte les trajets d’hôpital en hôpital. Le reste l’ennuie. Dans cette logique, la Tesla Model Y reste un choix rationnel, presque ennuyeux, et c’est précisément ce qui la protège. Quand un produit devient un « outil », il traverse mieux les tempêtes d’image.
Il y a aussi une dimension de sécurité personnelle. Des conducteurs ont raconté éviter certains quartiers ou certains rassemblements, non pas par peur de la circulation, mais par peur d’un acte gratuit contre la carrosserie. On n’achète pas une voiture avec l’idée d’organiser sa semaine autour de l’angoisse d’un coup de clé. Ce climat-là peut peser sur les ventes, surtout quand la concurrence propose des alternatives électriques plus discrètes.
Et maintenant ? Après l’image, il faut parler d’argent, parce que la décision d’achat se joue souvent sur une ligne de budget et une case “aide” qui a disparu.
Pour suivre l’actualité produit et les ajustements commerciaux autour de la Model Y, certains lecteurs consultent aussi des analyses comme cet état des lieux des réductions et avantages sur différentes configurations, utile pour comprendre comment Tesla tente de soutenir la demande.
Fin des aides et calculs de foyer : ce que la baisse des immatriculations dit du marché automobile électrique
Quand le crédit d’impôt fédéral de 7 500 dollars s’arrête, ce n’est pas un détail comptable. Pour beaucoup de ménages, c’est l’écart entre “ça passe” et “on attend”. En Californie, où la voiture électrique a déjà une forte présence, la fin de cet avantage agit comme un révélateur : la demande ne disparaît pas, mais elle se contracte, elle devient plus exigeante. Les acheteurs comparent davantage les mensualités, les taux, les coûts d’assurance, et même la valeur de revente.
Le recul des volumes Tesla en 2025 s’inscrit dans ce contexte. La marque reste forte, mais elle subit la même pression que le reste du segment : des prix perçus comme élevés, un financement parfois moins favorable qu’en 2021-2022, et des consommateurs qui ont déjà un véhicule récent. Le marché automobile, ce n’est pas une foule qui achète tous les ans. Beaucoup de foyers ont renouvelé tôt, justement grâce aux aides. Résultat en 2025 : l’effet “aspirateur” des années précédentes se paie ensuite.
Un concessionnaire multi-marques à Los Angeles raconte une scène très 2025 : un client vient pour une voiture électrique, puis finit par repartir en hybride. Pas par rejet de la mobilité durable, mais parce qu’il ne veut pas installer de borne dans son immeuble, qu’il a peur des surcoûts d’assurance, et qu’il garde en tête la disparition du crédit d’impôt. L’hybride devient une solution tampon, un peu comme ces vêtements de mi-saison qu’on sort quand on ne sait pas si la journée sera chaude ou froide.
Face à ça, la Model Y a un avantage simple : elle a déjà une réputation de “valeur sûre” dans l’esprit de nombreux acheteurs. Même ceux qui critiquent Elon Musk reconnaissent souvent la cohérence de l’objet : espace, performances, réseau de recharge, interface logicielle. Bon, soyons honnêtes, l’intérieur divise, et certains n’aiment pas l’absence de boutons. Mais pour une famille, le pragmatisme l’emporte. On glisse deux sièges enfants, une poussette, et on part à Santa Cruz sans réfléchir.
Pour visualiser l’écart entre domination et recul, un tableau aide à remettre les chiffres au bon endroit. Il ne dit pas tout, mais il évite les impressions trompeuses.
| Indicateur (Californie) | 2023 | 2024 | 2025 | Lecture rapide |
|---|---|---|---|---|
| Immatriculations Tesla Model Y | 132 636 | 128 923 | 110 120 | Baisse continue, mais reste n°1 |
| Immatriculations Tesla (tous modèles) | 238 589 | 202 865 | 179 656 | Repli net du volume global |
| 2e véhicule le plus immatriculé | Toyota RAV4 (65 604 en 2025) | Écart important avec la Model Y | ||
| Modèle Tesla suivant | Tesla Model 3 (53 989 en 2025) | Reste dans le top 5 | ||
Ce qui nous amène à une question très concrète : si la demande devient plus rationnelle, Tesla peut-elle répondre par le produit lui-même, et pas seulement par le prix ? C’est là que les innovations technologiques entrent en jeu.
Innovations technologiques : pourquoi la Model Y reste “l’achat facile” malgré tout
La meilleure explication de la domination de la Tesla Model Y tient parfois à des choses très simples. La voiture démarre vite, elle se conduit facilement, elle a un coffre qui avale un week-end entier, et l’expérience logicielle semble plus “finie” que beaucoup de concurrentes. Ce n’est pas forcément la plus luxueuse, ni la plus silencieuse, mais elle réduit les micro-frictions du quotidien. Et dans un monde où tout coûte déjà de l’énergie mentale, ce détail compte.
En 2025, le passage à une variante restylée a provoqué une pause temporaire de production et de livraisons au début de l’année. Ce genre de transition perturbe les chiffres, et pas seulement chez Tesla. Un produit qui change, c’est une logistique qui se réorganise, des clients qui attendent “le nouveau”, d’autres qui veulent “l’ancien” en stock. Au final, la Model Y a tout de même conservé la première place en fin d’année. Ça dit quelque chose de la demande de fond.
Il faut aussi regarder la stratégie de gamme annoncée ensuite. Tesla a indiqué que les Model S et Model X, plus chères, s’arrêtent après le deuxième trimestre 2026. Brian Maas le formule de façon assez directe : la Model S a peut-être cessé d’attirer de nouveaux clients, et garder la Model Y et la Model 3 ressemble à une décision logique. Dans la vraie vie, ça peut rediriger une partie des acheteurs “premium Tesla” vers la Model Y. Pas tous, mais assez pour soutenir les volumes.
Et puis il y a le sujet qui fâche et fascine : la conduite assistée et l’autonomie. Les appellations, les promesses, les mises à jour… tout cela nourrit une relation particulière entre Tesla et ses clients. Certains adorent. D’autres s’en méfient. Mais même les sceptiques reconnaissent l’avantage d’un véhicule qui évolue par logiciel, comme un smartphone qui gagne des fonctions. Une famille de Palo Alto expliquait en 2025 que la voiture avait “changé de caractère” après deux mises à jour, notamment sur la gestion de l’énergie et certains réglages d’assistance. Vrai ou effet placebo ? Peu importe : le sentiment d’avoir un produit vivant renforce l’attachement.
Un autre aspect, plus discret, protège la Model Y : la standardisation. On croise tellement de Model Y en Californie que l’entretien, les réparations, les accessoires, les conseils d’usage deviennent faciles à trouver. C’est le même mécanisme que pour un iPhone : la masse crée du confort social. Une voiture rare peut paraître plus “cool”, mais une voiture répandue simplifie la vie.
Pour ceux qui aiment comparer, la concurrence se positionne d’ailleurs explicitement face à elle, comme le montre cette analyse autour d’un BMW iX3 présenté comme un rival direct. Ce type de lecture a un mérite : il rappelle que la bataille se joue autant sur l’usage (charge, autonomie réelle, agrément) que sur l’image de marque.
Avant de parler de mobilité durable, une parenthèse s’impose : la Californie n’achète pas seulement une voiture, elle achète une idée de ce que doit être la route. Et cette idée évolue.
Mobilité durable en Californie : l’effet “laboratoire” et ses contradictions très humaines
En Californie, la mobilité durable a un côté quotidien, presque banal. Beaucoup de conducteurs ont déjà fait le pas vers l’électrique, ou y pensent sérieusement. Les parkings de supermarchés ont leurs bornes. Les entreprises installent des points de charge pour attirer et retenir des salariés. Et pourtant, la transition n’a rien d’un long fleuve tranquille, surtout depuis que les aides changent et que les prix de l’énergie fluctuent.
La Tesla Model Y incarne bien cette contradiction : un objet associé à l’innovation, mais aussi à une marque dont l’image se politise. Pour une partie des acheteurs, c’est un irritant. Pour d’autres, c’est du bruit. Et pour certains, c’est un risque concret de vandalisme. Cette superposition d’émotions, de calculs et de symboles fait que la décision d’achat ressemble parfois à un mini-référendum intime.
Une histoire racontée à San Diego illustre le côté très terre-à-terre des choses. Karim, 45 ans, artisan, roulait en pick-up thermique. Il a basculé vers un véhicule électrique en 2025, parce que ses déplacements urbains coûtaient cher en carburant et parce que ses clients commençaient à demander des chantiers “propres”. Il a hésité entre plusieurs modèles. La Model Y l’a convaincu sur un point presque bête : la facilité à trouver une borne fiable sur ses trajets, et la capacité à recharger pendant qu’il déjeune. Pour lui, ce n’est pas une posture. C’est une journée de travail qui se déroule sans friction.
Mais il y a aussi la réalité des logements. Dans les zones où beaucoup de gens vivent en appartement, installer une borne est parfois un marathon administratif. Résultat : certains restent sur de l’hybride ou attendent une amélioration des infrastructures publiques. La Californie avance, mais elle avance par à-coups. Et quand on observe les ventes, on voit ces à-coups dans les courbes.
Autre contradiction : l’écologie perçue contre l’écologie vécue. Certains conducteurs se sentent vertueux avec une voiture électrique, puis découvrent les contraintes de pneus plus chers, d’assurances plus élevées, ou de réparations de carrosserie coûteuses. La “bonne conscience” ne tient pas longtemps face à une facture à quatre chiffres. C’est aussi pour ça que la domination de la Model Y reste impressionnante : malgré les irritants, elle garde une place de choix dans la tête des gens.
À l’échelle de 2026, la question qui se dessine est presque sociologique : la voiture électrique va-t-elle devenir un choix banal, comme passer d’un téléphone à clapet à un smartphone, ou restera-t-elle un achat chargé de sens ? Le cas Tesla, avec Elon Musk au centre, rend la réponse plus électrique encore. Et c’est précisément ce qui nourrit les débats sur les parkings, au café, ou dans les files de recharge.
Maintenant que le décor est planté, une dernière brique manquait pour boucler l’analyse : comment les acheteurs arbitrent entre l’attrait technologique, le prix, et le regard des autres.
Pourquoi la Tesla Model Y reste-t-elle numéro 1 des ventes en Californie malgré la polémique autour d’Elon Musk ?
Parce qu’elle garde un avantage d’usage très concret : format familial, efficacité énergétique, expérience logicielle et accès facile à la recharge. En 2025, elle atteint 110 120 immatriculations en Californie, ce qui la place nettement devant la Toyota RAV4 (65 604). La polémique pèse sur une partie des acheteurs, mais pas assez pour faire tomber la Model Y du haut du classement.
Les ventes de la Model Y baissent-elles vraiment en Californie ?
Oui. Les immatriculations passent de 132 636 en 2023 à 128 923 en 2024, puis à 110 120 en 2025. La domination reste réelle, mais la trajectoire est à la baisse, ce qui colle avec un marché automobile électrique plus difficile et la fin d’un crédit d’impôt fédéral de 7 500 dollars.
Quelles voitures suivent la Model Y dans le classement 2025 en Californie ?
D’après les chiffres rapportés par la CNCDA, la Toyota RAV4 arrive deuxième (65 604), puis la Toyota Camry (62 324). La Tesla Model 3 est quatrième (53 989), juste devant la Honda Civic (53 085).
La fin du crédit d’impôt fédéral a-t-elle changé la décision d’achat ?
Oui, parce que 7 500 dollars peuvent faire basculer un budget, surtout en financement. En 2025, beaucoup d’acheteurs californiens ont davantage comparé les mensualités, le coût d’assurance et la valeur de revente. Cette rationalisation explique en partie le recul des volumes, y compris chez Tesla.
L’arrêt annoncé des Model S et Model X peut-il influencer les ventes de Model Y ?
Potentiellement, oui. Si les Model S et Model X disparaissent après le deuxième trimestre 2026, certains clients Tesla qui visaient ces modèles plus chers peuvent se reporter sur la Model Y ou la Model 3. Cela ne garantit pas une hausse, mais cela peut soutenir la demande sur les modèles restants.










