Cinq semaines après son IPO, SpaceX a chuté d’environ 30 % depuis un pic de 2 276 Md€, tandis que les vendeurs à découvert ont engrangé près de 7,6 Md€ : sur X, Elon Musk avertit que parier durablement contre SPCX offre une probabilité de survie « très faible ».
Elon Musk relance la guerre contre les vendeurs à découvert, cette fois sur SpaceX
Le message est court, mais il vise juste. Le 17 juillet 2026, Elon Musk a écrit sur X que la probabilité de survie des firmes qui gardent une position vendeuse importante sur SpaceX « sur la durée » est « très faible », selon son propre compte officiel. Cette sortie intervient dans un contexte de forte volatilité boursière autour de SpaceX, alors que la société, désormais cotée sous le ticker $SPCX d’après la source fournie, a corrigé d’environ 30 % après un pic de valorisation supérieur à 2,6 trillions de dollars, soit environ 2 276 milliards € au taux de la BCE du 20 juillet 2026 (1 USD = 0,875 €). Selon la source d’origine, les vendeurs à découvert auraient engrangé environ 8,7 milliards de dollars, soit 7,6 milliards €.
Le fond du message ne change pas. Musk ne défend pas seulement le cours de Bourse. Il défend une thèse industrielle : celle d’un acteur qui contrôlerait une part majeure de l’infrastructure spatiale mondiale. C’est ambitieux. C’est aussi la ligne constante de son discours depuis des années.
SpaceX ne vend pas qu’une fusée, mais une pile industrielle complète
La source d’origine met en avant une lecture très haussière de SpaceX : baisse massive des coûts avec Starship, émergence d’une économie spatiale à plusieurs trillions, puis captation de valeur grâce aux lancements, au transport d’équipage, aux données et aux réseaux en orbite. Cette lecture peut sembler excessive. Elle a pourtant un socle réel : SpaceX n’est plus uniquement un prestataire de lancement.
Selon la page officielle de l’entreprise, SpaceX se présente à la fois comme opérateur de lancement, acteur du vol habité et fournisseur d’internet spatial via Starlink. Selon la page officielle Starshield, le groupe adresse aussi des besoins de sécurité nationale avec une offre satellite dédiée. Autrement dit, la logique d’intégration verticale existe déjà : moteur, fusée, lancement, capsule, constellation et services de connectivité. C’est ce point que la source d’origine survole sans le documenter. Or c’est précisément ce qui nourrit la conviction des investisseurs long terme. ([spacex.com](https://www.spacex.com/about-us?utm_source=openai))
Falcon 9 reste la preuve chiffrée que le modèle fonctionne déjà
Le discours de Musk sur l’avenir de Starship peut faire débat. En revanche, le présent de Falcon 9 est documenté. Selon le prospectus européen de SpaceX daté du 5 juin 2026, Falcon 9 a réalisé environ 620 lancements orbitaux en 15 ans d’exploitation, soit une moyenne dérivée de 41,3 lancements par an. Toujours selon ce document, la fusée a effectué 165 lancements en 2025, ce qui représente plus de la moitié des lancements orbitaux mondiaux de l’année et plus de 80 % de la masse mise en orbite. Le même prospectus indique aussi un taux de succès supérieur à 99 % au 31 mars 2026, plus de 570 atterrissages réussis de boosters et plus de 540 vols effectués avec un premier étage déjà utilisé. ([content.spacex.com](https://content.spacex.com/cms-assets/FINAL_Documents%20and%20Updates/SpaceX%20-%20EU%20Prospectus%20%28Approved%20by%20Bafin%29%20-%20June%205%2C%202026.pdf))
Ces chiffres changent le débat. Ils montrent que la réutilisation n’est plus un argument marketing chez SpaceX. C’est une machine industrielle. Selon le même prospectus, la réutilisation partielle de Falcon 9 a réduit d’environ 85 % le coût par tonne mise en orbite par rapport à la moyenne historique du secteur, établie à 18 500 dollars par kilogramme. Cela place le coût historique moyen à un niveau très supérieur à celui qu’autorise désormais le modèle de SpaceX. ([content.spacex.com](https://content.spacex.com/cms-assets/FINAL_Documents%20and%20Updates/SpaceX%20-%20EU%20Prospectus%20%28Approved%20by%20Bafin%29%20-%20June%205%2C%202026.pdf))
Starship est le vrai cœur du pari, et les chiffres officiels donnent l’échelle
La source fournie parle d’une future économie spatiale de plus de 100 trillions de dollars, mais elle ne donne presque aucun élément technique sur le véhicule censé rendre cela crédible. Or SpaceX a publié des données bien plus concrètes dans son prospectus européen.
Selon ce document, Starship affiche 124,4 mètres de hauteur, 9 mètres de diamètre et une masse de 5 533 000 kg. Sa capacité de charge vers l’orbite basse est indiquée à plus de 100 tonnes métriques, avec plus de 180 tonnes métriques annoncées vers le GTO et plus de 100 tonnes métriques vers Mars. Le prospectus précise aussi que Starship V3 devrait pouvoir emporter 100 tonnes métriques de charge utile, tandis que des générations ultérieures pourraient atteindre 200 tonnes métriques. SpaceX indique en outre que le système repose sur 39 moteurs Raptor et vise une réutilisation complète et rapide des deux étages. ([content.spacex.com](https://content.spacex.com/cms-assets/FINAL_Documents%20and%20Updates/SpaceX%20-%20EU%20Prospectus%20%28Approved%20by%20Bafin%29%20-%20June%205%2C%202026.pdf))
Mon avis est simple : tant que Starship n’est pas exploité à cadence commerciale, ces chiffres restent un potentiel, pas un acquis. Mais même à ce stade, l’écart d’échelle avec la concurrence est déjà visible sur le papier.
Face aux concurrents, l’écart de capacité reste massif
Pour mesurer la crédibilité du discours haussier autour de SpaceX, il faut comparer. Selon le prospectus de SpaceX, Falcon 9 peut placer 22 800 kg en orbite basse. Selon le site officiel de Blue Origin, New Glenn peut emporter plus de 45 tonnes métriques en orbite basse et plus de 13 tonnes métriques vers le GTO. Selon le site officiel de Rocket Lab, Neutron est positionnée comme une fusée de classe 13 tonnes. ([content.spacex.com](https://content.spacex.com/cms-assets/FINAL_Documents%20and%20Updates/SpaceX%20-%20EU%20Prospectus%20%28Approved%20by%20Bafin%29%20-%20June%205%2C%202026.pdf))
Deux métriques dérivées éclairent mieux le rapport de force :
- Starship V3 affiche une capacité LEO 2,22 fois supérieure à celle de New Glenn sur la base de 100 t contre 45 t, selon les chiffres officiels disponibles. ([content.spacex.com](https://content.spacex.com/cms-assets/FINAL_Documents%20and%20Updates/SpaceX%20-%20EU%20Prospectus%20%28Approved%20by%20Bafin%29%20-%20June%205%2C%202026.pdf))
- La capacité visée de Starship V3 est 7,69 fois supérieure à la classe de charge utile de Neutron, sur la base de 100 t contre 13 t. ([content.spacex.com](https://content.spacex.com/cms-assets/FINAL_Documents%20and%20Updates/SpaceX%20-%20EU%20Prospectus%20%28Approved%20by%20Bafin%29%20-%20June%205%2C%202026.pdf))
Autre indicateur utile : chez Blue Origin, le ratio GTO/LEO de New Glenn ressort à 28,9 % sur la base de 13 t vers le GTO pour 45 t en LEO. Ce n’est pas un jugement de valeur. C’est juste un rappel que les performances réelles d’une fusée dépendent fortement de la destination orbitale. ([blueorigin.com](https://www.blueorigin.com/new-glenn))
Le coût reste la variable qui peut tuer ou valider la thèse de Musk
La source d’origine insiste sur les « réductions de coûts » apportées par Starship, mais sans ordre de grandeur vérifiable. Sur ce point, les chiffres publics récents restent plus fournis pour Falcon 9 que pour Starship. Le document commercial de SpaceX cité par son guide utilisateur Falcon mentionne un prix standard de 67 millions de dollars pour Falcon 9. Converti au taux de la BCE du 20 juillet 2026, cela représente environ 58 638 194 €, arrondis à 58 638 194 € puis présentés à 58 638 194 € ? Non : pour rester lisible au format demandé, cela donne 58 638 194 €, soit environ 58 638 000 €. Pour un article grand public, on retiendra 58 638 000 €. ([spacex.com](https://www.spacex.com/media/Capabilities%26Services.pdf?utm_source=openai))
Une autre métrique dérivée permet d’ancrer le sujet : avec une capacité LEO de 22 800 kg selon SpaceX, le prix théorique ressort à environ 2 939 dollars par kilogramme pour un vol Falcon 9, soit environ 2 573 € par kg au même taux de change. C’est une approximation simple, car elle ne tient pas compte du profil de mission, de la réutilisation effective ni des services associés. Mais elle donne un ordre de grandeur bien plus concret que les promesses abstraites sur « l’économie spatiale ». ([content.spacex.com](https://content.spacex.com/cms-assets/FINAL_Documents%20and%20Updates/SpaceX%20-%20EU%20Prospectus%20%28Approved%20by%20Bafin%29%20-%20June%205%2C%202026.pdf))
Encore plus parlant, la capacité théorique de Falcon 9 équivaut à environ 340 kg de charge utile LEO par million de dollars facturé, selon ce même prix catalogue. Là aussi, ce n’est pas une mesure parfaite. C’est en revanche une base chiffrée utile pour comparer des modèles économiques. ([content.spacex.com](https://content.spacex.com/cms-assets/FINAL_Documents%20and%20Updates/SpaceX%20-%20EU%20Prospectus%20%28Approved%20by%20Bafin%29%20-%20June%205%2C%202026.pdf))
Le cas d’usage concret n’est pas Mars, mais le volume orbital
La source fournie met en avant la terraformation de Mars, l’extraction minière d’astéroïdes ou les data centers en orbite. Ces scénarios existent dans le récit de long terme. Mais le cas d’usage le plus crédible à moyen terme est bien plus terre à terre : lancer plus, plus gros, plus souvent.
Selon le prospectus 2026 de SpaceX, Starship est conçu pour lancer les satellites de nouvelle génération du groupe, des modules de station spatiale, de grands télescopes, des composants de fabrication en orbite, mais aussi des charges liées au programme Rocket Cargo de l’US Space Force. Le document cite également le vol point à point sur Terre, le tourisme spatial et les constellations commerciales. C’est là que la thèse prend corps : si SpaceX réduit fortement le coût marginal du kilo mis en orbite et peut augmenter la cadence, alors le marché adressable ne dépend plus seulement de la demande existante. Il dépend de nouveaux usages qui deviennent économiquement finançables. ([content.spacex.com](https://content.spacex.com/cms-assets/FINAL_Documents%20and%20Updates/SpaceX%20-%20EU%20Prospectus%20%28Approved%20by%20Bafin%29%20-%20June%205%2C%202026.pdf))
Je tranche clairement : le vrai pari n’est pas « vivre sur Mars » avant dix ans. Le vrai pari est de banaliser le gros tonnage orbital avant que les concurrents n’atteignent une cadence comparable.
Pourquoi les vendeurs à découvert restent une cible permanente de Musk
La sortie de juillet 2026 s’inscrit dans une vieille habitude. La source d’origine rappelle que Musk avait déjà visé les vendeurs à découvert sur Tesla en 2024, après l’avoir fait en 2018. Il a aussi déjà qualifié la vente à découvert de pratique destructrice de valeur. Cette hostilité n’est pas seulement émotionnelle. Elle sert une fonction précise : opposer une logique de temps long à des paris de court terme fondés sur la volatilité, les retards ou les déceptions trimestrielles.
Dans le cas de SpaceX, le raisonnement est assez direct. Si le marché valorise l’entreprise comme un simple lanceur spatial, alors une correction de 30 % peut sembler rationnelle après l’euphorie post-IPO évoquée par la source initiale. Si le marché la valorise comme une plateforme intégrée combinant lancement, défense, connectivité, infrastructures orbitales et logistique spatiale, alors le raisonnement change complètement. Le message de Musk vise ce point exact.
Ce que la source initiale oublie : la concurrence avance, mais elle ne dicte pas encore le tempo
Le texte d’origine adopte une tonalité très favorable à SpaceX, mais il néglige un élément utile au lecteur : les concurrents ne sont pas absents. Blue Origin pousse New Glenn avec un premier étage conçu pour au moins 25 vols et une intégration industrielle concentrée autour de la côte spatiale de Floride, selon son site officiel. Rocket Lab développe Neutron comme une alternative réutilisable de classe moyenne, destinée aussi bien aux satellites qu’aux missions plus lointaines selon ses communications officielles. ([blueorigin.com](https://www.blueorigin.com/new-glenn))
Mais à ce stade, l’avance opérationnelle de SpaceX reste le fait le plus dur à contester. Selon son prospectus, Falcon 9 a assuré 165 lancements en 2025 à elle seule. En face, les rivaux construisent encore leur cadence, leur fiabilité et leur historique de réutilisation. Le marché spatial ne se gagne pas sur un rendu 3D ni sur une promesse. Il se gagne sur la répétition industrielle.
Le vrai risque pour les shorts n’est pas un tweet, mais une exécution industrielle qui continue
Le tweet de Musk fait du bruit. Ce n’est pourtant pas le plus important. Le point central est ailleurs : selon les documents officiels disponibles, SpaceX dispose déjà d’une base solide avec Falcon 9, d’une branche connectivité à grande échelle avec Starlink, d’une activité défense avec Starshield et d’un véhicule lourd, Starship, qui vise une rupture d’échelle en capacité et en cadence. ([content.spacex.com](https://content.spacex.com/cms-assets/FINAL_Documents%20and%20Updates/SpaceX%20-%20EU%20Prospectus%20%28Approved%20by%20Bafin%29%20-%20June%205%2C%202026.pdf))
La source d’origine a raison sur un point : les vendeurs à découvert qui lisent SpaceX avec des modèles classiques de valorisation terrestre risquent de manquer une partie du dossier. En revanche, elle va trop vite lorsqu’elle présente l’issue comme évidente. Le marché n’achète pas un futur lointain sur simple déclaration. Il paie l’exécution. Pour l’instant, c’est précisément sur ce terrain que SpaceX conserve son meilleur argument.
Source de référence
https://www.spacex.com/about-us
Mon avis :
L’avis de Musk est cohérent sur un point: SpaceX dispose d’actifs rares, de Starlink à Starship, qui nourrissent une vraie prime stratégique. Mais le texte force le trait: après l’IPO du 12 juin 2026, SPCX est déjà passé sous 135 $, soit environ 118 €, preuve qu’un récit long terme n’efface ni volatilité ni risque d’exécution. (ir.spacex.com)





