Raphael Klug signe avec l’Offcut Aluminum Vase un vase conçu à partir de chutes réelles de tubes et profilés en aluminium, assemblés en sections de diamètres et hauteurs variés. Une pièce industrielle, sculpturale et fonctionnelle, qui transforme des rebuts d’atelier en objet déco aussi brut qu’élégant.
Un vase pensé comme un rebut industriel assumé
Raphael Klug ne part pas d’une silhouette classique de vase. Il part d’un stock de chutes d’aluminium. C’est ce point de départ qui change tout. Là où la plupart des vases cherchent un effet décoratif par la matière, la couleur ou la transparence, l’Offcut Aluminum Vase assume une logique de conception beaucoup plus sèche : prendre des profils industriels existants, les regrouper, et laisser leur section dicter la forme finale.
Le résultat est simple à lire. On voit un assemblage de tubes ronds, carrés et rectangulaires, tous creux, tous coupés à des hauteurs différentes. Cette variation crée une ligne en escalier qui fait à la fois office de structure, de composition visuelle et de système de maintien pour les fleurs. La bonne idée est là : le contenant ne cache pas sa fabrication. Il l’expose.
Selon le site de Vasku & Klug, le studio opère entre Vienne et Prague et travaille sur des objets, des intérieurs, des installations et des expériences de marque. Ce contexte éclaire bien le projet : l’objet relève autant du design produit que du geste scénographique. On n’est pas face à un simple accessoire déco, mais face à une mise en scène de matière brute. ([vasku-klug.com](https://www.vasku-klug.com/about/?utm_source=openai))
Une forme brute, mais une fonction mieux résolue que beaucoup de vases design
Le vrai intérêt de ce vase ne tient pas seulement à son origine recyclée. Il tient à la manière dont cette origine améliore l’usage. Chaque tube devient un logement pour une tige unique. Chaque hauteur impose une mise à niveau différente. En clair, l’objet distribue lui-même les fleurs sans demander un travail d’arrangement très précis.
Cette approche règle un problème fréquent des vases sculpturaux : beaucoup sont beaux vides, mais peu efficaces une fois remplis. Ici, la multiplicité des conduits agit comme un peigne vertical. Une tige longue trouve sa place dans un profil haut. Une fleur plus courte reste visible dans un tube plus bas. Une tige fine tient dans une section plus étroite. Le vase produit donc une composition étagée presque automatiquement.
J’y vois un point fort concret : l’objet limite l’effet “bouquet tassé” typique des vases à large ouverture. Il pousse vers une présentation plus graphique, plus aérée, et au fond plus cohérente avec l’esthétique industrielle qu’il revendique.
Ce que la source d’origine ne disait pas assez : l’intérêt matière est aussi énergétique
Le recours à de vraies chutes d’aluminium compte plus qu’un simple argument d’image. Selon l’International Aluminium Institute, le recyclage de l’aluminium permet d’économiser 95 % de l’énergie nécessaire à la production d’aluminium primaire. Le même organisme indique aussi que cette logique permet des réductions comparables des émissions de gaz à effet de serre. ([international-aluminium.org](https://international-aluminium.org/landing/aluminium-facts/?utm_source=openai))
Autre donnée utile, toujours selon l’International Aluminium Institute : chaque tonne d’aluminium recyclé évite environ 9 tonnes d’émissions. Ce chiffre ne permet pas de calculer précisément le gain carbone de ce vase, car son poids n’est pas communiqué. Mais il donne l’échelle du bénéfice potentiel quand un objet exploite directement de l’existant plutôt que du métal neuf. Ici, le poids exact reste non communiqué. ([international-aluminium.org](https://international-aluminium.org/wp-content/uploads/2024/03/Aluminium-Recyclability-and-Recycling-TSC.pdf?utm_source=openai))
Mon avis est net : la force du projet vient du fait qu’il ne “mime” pas l’upcycling. Il évite une faute courante du design durable, qui consiste à fabriquer du neuf pour ressembler à du récupéré. Là, la matière garde son identité d’origine, ses sections, son fini et sa logique de stock atelier.
Un exemple crédible d’upcycling scalable, pas seulement une pièce manifeste
Beaucoup d’objets en matériaux récupérés échouent dès qu’on sort du prototype. Ils demandent trop de préparation, trop d’adaptation pièce par pièce, ou trop de travail manuel pour changer d’échelle. Une étude récente de Concordia University sur le passage à l’échelle de l’upcycling souligne justement que les projets les plus viables sont ceux qui utilisent des matériaux demandant peu de préparation, peu de transformation et des outils courants. Le cas des chutes de profils extrudés en aluminium y apparaît comme un exemple pertinent de réemploi de rebuts industriels. ([spectrum.library.concordia.ca](https://spectrum.library.concordia.ca/id/eprint/996352/1/Scaling%20Up%20Upcycling%20-%20A%20Comparative%20Analysis%20of%20Furniture%2C%20Lighting%20and%20Bags%20Made%20Through%20Repurposing_AAM.pdf?utm_source=openai))
C’est précisément ce qui rend l’Offcut Aluminum Vase intéressant au-delà de l’effet visuel. Les profils arrivent déjà formés. Ils sont déjà creux. Leur finition de surface existe déjà. La transformation supplémentaire se limite surtout à la coupe, à l’assemblage et à la stabilisation de l’ensemble. En termes de complexité de production, c’est beaucoup plus crédible qu’un objet recyclé qui exigerait refonte, moulage, polissage intensif et traitement de surface lourd.
Autrement dit, ce vase coche trois cases rarement réunies : lisibilité du matériau, utilité réelle et possibilité de fabrication en petite série sans trahir l’idée d’origine.
Des spécifications encore floues, et c’est sa principale limite
Sur le fond, l’objet convainc. Sur la fiche produit, il reste des trous. Les dimensions exactes, le poids, la capacité en eau, le nombre précis de tubes, le type d’assemblage, la présence éventuelle d’un réservoir interne, l’étanchéité détaillée ou le prix public n’ont pas été retrouvés dans les sources consultées. Pour un lecteur ou un acheteur, il faut donc écrire les choses proprement : hauteur exacte non communiquée, largeur non communiquée, poids non communiqué, prix non communiqué, disponibilité commerciale non communiquée. ([vasku-klug.com](https://www.vasku-klug.com/about/?utm_source=openai))
Cette absence d’informations empêche d’évaluer la stabilité de l’objet, sa facilité d’entretien ou son positionnement tarifaire exact face à des vases premium du marché. C’est le principal manque par rapport à un article purement inspirant : sans specs, on juge surtout une intention.
Comparaison marché : un objet plus radical que les vases premium grand public
Pour situer l’Offcut Aluminum Vase, il faut le comparer à des références existantes qui misent elles aussi sur une présence sculpturale. Chez Tom Dixon, le Bump Cone Vase en verre soufflé mesure 22 cm de haut et s’affiche à 175 € sur la boutique européenne officielle. Toujours chez la marque, le Press Large Vase monte à 305 € en prix affiché, tandis que le Cloud Tall Vessel en aluminium poli atteint 305 £ sur le site UK et le Cloud Bowl 525 $ sur le site US. ([tomdixon.net](https://www.tomdixon.net/eu/accessories/vases-and-bowls/bump-cone-vase-bpvcf02?utm_source=openai))
Chez Ferm Living, le Tessera Vase en acier inox poli miroir est affiché à 159 € pour 28 cm de haut sur le site officiel allemand. Le Cueva Vase Large est affiché à 99 € sur le site officiel français, pour 37 cm de haut et 1,4 kg. ([fermliving.com](https://fermliving.com/de-de/products/tessera-vase-mirror-polished?utm_source=openai))
Le point à retenir est simple : les acteurs établis vendent surtout soit du verre travaillé, soit de la céramique, soit du métal poli avec une exécution premium très finie. L’Offcut Aluminum Vase prend le contrepied. Il ne cherche pas la perfection de surface. Il mise sur une esthétique de rebut ordonné. C’est plus abrupt, mais aussi plus distinctif.
Deux métriques dérivées pour lire le marché autrement
Première métrique utile : le prix rapporté à la hauteur visible. Le Tessera Vase de Ferm Living revient à 5,68 €/cm, sur la base de 159 € pour 28 cm. Le Bump Cone Vase de Tom Dixon revient à 7,95 €/cm, sur la base de 175 € pour 22 cm. Cela donne un écart de 40 % environ en faveur de Ferm Living sur cette métrique simple. ([fermliving.com](https://fermliving.com/de-de/products/tessera-vase-mirror-polished?utm_source=openai))
Deuxième métrique dérivée : le prix au kilo pour un modèle dont le poids est publié. Le Cueva Vase Large de Ferm Living coûte 99 € pour 1,4 kg, soit environ 71 €/kg. Ce ratio ne dit pas tout, mais il aide à comparer le niveau de valorisation d’un objet déco quand le matériau et la masse pèsent dans la perception du produit. Pour l’Offcut Aluminum Vase, ce calcul reste impossible : poids non communiqué. ([fermliving.com](https://fermliving.com/fr-fr/products/cueva-vase-h37-dark-sage?utm_source=openai))
Ces indicateurs restent imparfaits, mais ils ont un mérite : ils rappellent qu’un vase sculptural se paie souvent très cher rapporté à sa taille. Si Raphael Klug commercialise son modèle un jour, son prix déterminera s’il reste une pièce manifeste ou s’il peut entrer dans un segment design accessible.
Conversion dollar-euro : ce que valent les références US aujourd’hui
Le taux de référence de la Banque centrale européenne au 1er juillet 2026 donne 1 € = 1,1383 $, soit environ 1 $ = 0,8785 €. À ce taux, le Bump Cone Vase affiché à 200 $ sur le site US de Tom Dixon équivaut à 176 € et le Bump Tall Vase à 215 $ équivaut à 189 €. ([ecb.europa.eu](https://www.ecb.europa.eu/stats/policy_and_exchange_rates/euro_reference_exchange_rates/html/index.en.html?utm_source=openai))
Cette conversion a un intérêt éditorial concret : elle montre que les prix US observés pour des vases design premium sont globalement alignés avec les niveaux européens déjà visibles sur les boutiques officielles des marques. L’Offcut Aluminum Vase ne pourra donc pas seulement jouer la carte de la durabilité. Il devra aussi se positionner face à des objets déjà bien installés entre 99 € et plus de 300 €.
Pourquoi ce vase parle davantage au marché 2026 que beaucoup d’objets déco “responsables”
Le marché déco est saturé d’objets qui ajoutent une couche de storytelling écologique sans modifier la logique de fabrication. Ici, la narration tient parce qu’elle découle du produit lui-même. Le rebut n’est pas un prétexte. Il est la structure. C’est rare.
Selon l’International Aluminium Institute, l’aluminium recyclé garde une valeur matière élevée et permet de fortes économies d’énergie par rapport à la production primaire. Cela explique pourquoi l’aluminium reste un terrain crédible pour des objets de réemploi visibles, surtout quand la forme initiale peut être conservée au lieu d’être refondue. ([international-aluminium.org](https://international-aluminium.org/landing/aluminium-facts/?utm_source=openai))
Je trouve surtout que ce vase évite le piège du “design durable gentil”. Il ne cherche pas à adoucir l’origine industrielle du matériau. Il la laisse frictionner avec les fleurs. C’est cette tension qui fait exister l’objet, y compris à vide, sur une étagère, un bureau ou une table basse.
Cas d’usage concrets : là où l’objet a le plus de sens
Premier cas d’usage évident : les bouquets déstructurés à tiges unitaires. L’objet est mieux adapté à quelques fleurs choisies qu’à une botte compacte. Des tiges longues, des branches fines, des fleurs séchées ou des compositions minimalistes y gagneront en lisibilité.
Deuxième cas d’usage : les espaces à vocabulaire industriel ou architectural. Dans un intérieur très lisse, le vase introduit une rupture visuelle forte. Dans un bureau d’architecte, un studio créatif, un showroom matériaux ou un atelier, il paraît presque naturel.
Troisième cas d’usage : l’objet-sculpture sans fleurs. C’est sans doute ce que la source de départ formulait le mieux, et elle avait raison. La silhouette en gradins et l’accumulation de sections suffisent à créer une présence autonome.
Quatrième cas d’usage, plus stratégique : la petite série ou l’édition galerie. Comme les dimensions et le mix de profils peuvent varier selon les chutes disponibles, le modèle se prête bien à des séries limitées avec variations maîtrisées. L’étude de Concordia University sur l’upcycling rappelle justement que les projets les plus robustes sont ceux qui savent intégrer la variabilité matière plutôt que la subir. ([spectrum.library.concordia.ca](https://spectrum.library.concordia.ca/id/eprint/996352/1/Scaling%20Up%20Upcycling%20-%20A%20Comparative%20Analysis%20of%20Furniture%2C%20Lighting%20and%20Bags%20Made%20Through%20Repurposing_AAM.pdf?utm_source=openai))
Ce qui distingue vraiment l’Offcut Aluminum Vase des concurrents
Face à Tom Dixon ou Ferm Living, l’Offcut Aluminum Vase n’a pas, à ce stade, l’avantage de la fiche technique, du réseau retail ou du prix transparent. En revanche, il a un avantage de positionnement clair : il ne vend pas une simple silhouette élégante. Il vend une logique de fabrication visible.
Le Bump Cone Vase joue la délicatesse du verre borosilicate. Le Tessera Vase joue le poli miroir architectural. Le Cueva Vase joue la masse céramique organique. L’Offcut Aluminum Vase, lui, joue la frontalité du profilé métallique tel quel. C’est plus rude, mais aussi plus mémorable. ([tomdixon.net](https://www.tomdixon.net/eu/accessories/vases-and-bowls/bump-cone-vase-bpvcf02?utm_source=openai))
Pour consulter la présentation du studio à l’origine du projet, le lien le plus pertinent et faisant autorité reste la page officielle de Vasku & Klug : https://www.vasku-klug.com/
Mon avis :
Avis d’expert : idée juste et exécution crédible. Le vrai point fort, c’est l’alignement entre matière, forme et usage : les sections d’aluminium imposent naturellement des hauteurs de tiges variées. Sa limite est nette : aluminium froid, rétention d’eau et nettoyage tube par tube le rendent plus conceptuel que pratique.





